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7560 décès l’an dernier |  La crise des opioïdes se fera sentir jusqu’à fin 2022

La Santé publique fédérale s’inquiète de la forte augmentation du nombre de décès causés par les opioïdes partout au Canada depuis le début de la pandémie. Environ 7 560 personnes en sont mortes l’an dernier, et cette crise pourrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin de 2022. Si les surdoses mortelles ont augmenté au Québec, elles demeurent inférieures au reste du pays.

Posté hier à 13h25

7560 décès l’an dernier |  La crise des opioïdes se fera sentir jusqu’à fin 2022

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« Alors que le nombre moyen de décès liés aux opioïdes par jour était de 8 en 2016, ce nombre a plus que doublé ; en 2021, il a atteint un niveau record de 21 par jour. Le nombre d’hospitalisations liées aux opioïdes a également augmenté, passant de 13 par jour en 2016 à 17 par jour en 2021 », a révélé l’administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr.Theresa Tam et le DJennifer Russell, coprésidente du Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, dans un rapport publié jeudi.

7560 décès l’an dernier |  La crise des opioïdes se fera sentir jusqu’à fin 2022

Ils déclarent que la grande majorité des décès liés aux opioïdes « continuent d’être accidentels ». Plus de la moitié de ces décès impliquent « l’usage d’un stimulant », comme la cocaïne ou la méthamphétamine.

C’est la Colombie-Britannique qui reste la province la plus touchée, avec 43 décès pour 100 000 habitants liés aux opioïdes, soit 2 262 décès l’an dernier. Viennent ensuite l’Alberta, avec 36 décès pour 100 000 habitants (1 618 décès), la Saskatchewan, avec près de 24 décès pour 100 habitants (282 décès), et l’Ontario, avec 19 décès pour 100 000 habitants (2 816 décès).

7560 décès l’an dernier |  La crise des opioïdes se fera sentir jusqu’à fin 2022

Selon le rapport de Santé publique, le Québec est à une fraction de ces chiffres. Il y a eu 5,2 décès attribués aux drogues illicites en 2021, ce qui représente 450 décès. Le Québec ne fournit pas de données spécifiques aux opioïdes.

Un portrait qui risque de s’assombrir

Au Canada, la situation pourrait empirer dans les années à venir, prédisent les experts. Leur modélisation la plus récente suggère que « le nombre de décès liés aux opioïdes au Canada pourrait rester élevé, voire augmenter, au cours des six prochains mois ».

Jusqu’en décembre 2022, 1.400 à 2.400 personnes pourraient ainsi « perdre la vie chaque trimestre en raison de méfaits liés aux opioïdes », s’inquiète le Drésolution Tam et Russell, soulignant « l’importance cruciale de faire face à cette crise afin d’éviter de nouveaux décès et dommages ». Sur l’ensemble de l’année, cela équivaudrait à 6 000 à 9 600 décès.

Les experts soulignent que les sans-abri sont souvent « surreprésentés » parmi les décès liés aux opioïdes et à d’autres substances. Ceux qui consomment « font face à de nombreux stigmates liés à leur situation, qui impliquent le statut de logement, la consommation de substances et souvent d’autres facteurs tels que l’ethnicité et l’état de santé mentale, qui créent des obstacles à l’accès aux services », notent-ils.

« Nous devons faire plus »

À Ottawa, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances, Carolyn Bennett, promet de « faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver des vies et mettre fin à cette crise nationale de santé publique ». « Les chiffres publiés aujourd’hui ne sont pas que des chiffres : ils concernent les mères, les pères, les fils, les filles, les amis et les êtres chers de la communauté. Et pendant que nous avançons dans la bonne direction, nous pouvons et devons faire plus », a-t-elle convenu.

Fin mai, afin de lutter contre la crise des opioïdes, les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique ont annoncé qu’à compter du 31 janvier, une personne prise en possession d’une petite quantité de drogues illégales sur le territoire de la province ne serait pas arrêtée ou mis en examen.

L’approche prévoit une exemption de trois ans pour tous les adultes de la Colombie-Britannique. Du 31 janvier 2023 au 31 janvier 2026, les personnes en possession de moins de « 2,5 grammes de certaines drogues illicites pour usage personnel […] ne fera pas l’objet de poursuites pénales ». La drogue ne sera pas non plus saisie. Les substances concernées sont les opioïdes, la cocaïne, les méthamphétamines et la MDMA, également appelée ecstasy.

En métropole, le directeur régional de santé publique de Montréal, le DMylène Drouin a indiqué vouloir suivre les traces de la Colombie-Britannique. «Nous voulons remettre à l’ordre du jour la question de la dépénalisation, mais surtout le détournement de la possession de drogue chez nos consommateurs, et ce, pour toutes les drogues», a-t-elle déclaré à Radio-Canada.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne


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