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À l’approche du 1er juillet |  Une trentaine de ménages pourraient avoir besoin d’être logés en urgence

Une trentaine de foyers pourraient devoir être « hébergés d’urgence » dans un hôtel d’ici vendredi, après le 1euh juillet, estime l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) selon des chiffres publiés mardi. La Ville précise que plus de 80 ménages sont actuellement « accompagnés » par ses services d’aide au logement.

Publié à 14h17

À l’approche du 1er juillet |  Une trentaine de ménages pourraient avoir besoin d’être logés en urgence

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« Bien sûr on n’a pas de boule de cristal, mais au 1er juillet on s’attend à un besoin de logement d’une trentaine de ménages », a indiqué le directeur de la gestion de la demande, logement abordable. et suppléments de loyer de l’OMHM, Vincent Brossard, en conférence de presse mardi.

Quinze autres foyers avaient déjà été hébergés en urgence depuis le début de l’année. À ce jour, plus d’un millier d’appels ont été passés au 311 pour des problèmes d’accès au logement dans la ville. Plus précisément, 456 demandes concernaient des situations de « perte de logement » nécessitant une attention plus particulière. Environ 81 ménages ont été directement soutenus par la Ville et l’OMHM.

Aux propriétaires privés qui aimeraient participer à la solution, M. Brossard a lancé une invitation formelle. « Nous recherchons des logements, et surtout des grands logements, donc les propriétaires qui ont un logement vacant et qui souhaiteraient participer afin de proposer éventuellement leur logement, nous les invitons à nous contacter », a-t-il indiqué, rappelant que ces propriétaires peuvent bénéficier de une subvention.

Le vice-président du comité exécutif et responsable de l’habitation, Benoit Dorais, ne s’en cache pas : la détresse entourant l’habitation grandit à Montréal. « Je pense que c’est vraiment la situation qui est différente. Depuis quelque temps, on assiste à des pratiques de renoviction. Ça continue, et on voit aussi des logements qui pourraient être mis sur le marché et avec lesquels des gens décident plutôt de faire du logement de courte durée dans l’illégalité », a-t-il raisonné.

Quand tu veux juste faire plus [d’argent] avec toutes sortes de stratagèmes, c’est quelque chose qui me pue littéralement au visage.

Benoît Dorais, Maire du Sud-Ouest

30 millions, un montant insuffisant

M. Dorais déplore que face à l’inabordabilité croissante du marché, les gouvernements supérieurs n’en fassent tout simplement pas assez. «Il y aurait beaucoup moins de problèmes si on construisait des logements sociaux», a-t-il fustigé, blâmant Québec et Ottawa.

« Dans le dernier budget, notre demande était claire : 270 millions. Ce n’est pas un chiffre sorti de nulle part, ce sont les besoins définis avec l’environnement. Mais ici, le gouvernement nous donne 30 millions sur les 270, donc ça ne marche déjà pas. Et puis quand on demande les chiffres, le gouvernement prend le temps d’analyser, et dans le temps qu’on donne l’argent, les prix continuent d’augmenter », a-t-il encore insisté.

En mars, la Ville soulignait néanmoins que ces 30 millions supplémentaires, directement injectés dans AccèsLogis Montréal, permettraient la construction de 2 500 logements en attente de financement. La mairesse Valérie Plante a toutefois indiqué peu de temps après que les besoins étaient encore grands.

Dans les rangs de l’opposition, le cacique Aref Salem a affirmé mardi avoir constaté « que la méthode utilisée chaque année par l’administration n’empêche pas l’augmentation du nombre de ménages accueillis ». « Nous devons explorer d’autres façons d’aider les Montréalais. C’est pourquoi, en février dernier, Ensemble Montréal proposait de créer une banque de 100 logements abordables en prévision du 1euh juillet, en collaboration avec des groupes communautaires. Projet Montréal a rejeté cette motion », a déclaré M. Salem.

Au Front d’action populaire en redéveloppement urbain (FRAPRU), la porte-parole Véronique Laflamme s’est dite « rassurée que la Ville de Montréal ait fourni, encore cette année, une aide complète incluant l’hébergement temporaire, le déménagement et l’entreposage pour les ménages qui en auront besoin », jusqu’au relogement.

« Nous espérons que le programme d’aide aux municipalités du gouvernement du Québec sera bonifié pour tenir compte de l’augmentation des coûts pour les villes. […] Les mesures structurantes ne peuvent plus attendre. Les fonds fédéraux mettent des années à arriver. On a l’impression que ni Québec ni Ottawa ne prennent pleinement la mesure de l’urgence de la situation », presse-t-elle.


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