à Mohrange, « entre le Front national et le Front populaire, j’ai les jetons »

Réunion publique à Sarrebourg (Moselle) avec Fabien Di Filippo, candidat Les Républicains, le 27 juin 2024.

« C’est dimanche, pour voter pour nous. » Au bord de la pelouse du stade municipal de Sarrebourg (Moselle), Fabien Di Filipo distribue comme des petits pains ses stylos portant son slogan de campagne, « le courage des convictions ». En campagne pour sa réélection, le député Les Républicains (LR) du 4e circonscription de Moselle est venue, en ce chaud mardi de fin juin, assister au Job dating organisé par France Travail. Dans les tribunes, une majorité de femmes au chômage participaient à des manifestations sportives pour tenter de se faire embaucher par les quelques employeurs locaux présents.

Carole (elle a souhaité garder l’anonymat), ancienne conductrice de bus en situation de handicap vêtue d’un legging et d’un t-shirt noir, est encore rouge de sa course lorsqu’elle salue l’élu.  » On croise les doigts pour toi. Cette année, ça fait peur… »elle a lâché. « C’est un élu gentil et en phase avec le peuple »explique en aparté la quadragénaire qui avoue ne pas encore savoir pour qui voter dimanche. Elle confie ses craintes de voir le Rassemblement national (RN) arriver au pouvoir : «S’ils sortent (dans ton esprit), J’ai peur qu’ils nous poussent encore plus profondément. Ils veulent tout faire pour faire partir les étrangers, mais ça va être la guerre ! »

Au lendemain des élections européennes qui ont vu arriver en tête la liste Bardella, le désarroi des électeurs est palpable dans ce coin du sud de la Moselle où l’on a presque toujours voté à droite : Sarrebourg, ancien fief de Pierre Messmer, premier ministre de Georges Pompidou, est fermement tenu par LR. Élu en 2017 dans le sillage d’Alain Marty, réélu triomphalement en 2022, Fabien Di Filippo se dit néanmoins candidat. « en mode outsider ». L’expression peut faire sourire tant le député semble installé, mais il sent monter la vague RN alors que son parti traverse une nouvelle crise.

 » Bonne chance ! « 

Depuis dix ans, le RN grignote ces terres conservatrices, conquérant d’abord les villages agricoles avant de ronger les bourgs, puis les cités aux confins des Vosges. Aux élections européennes, il est arrivé en tête à Sarrebourg avec environ 34,7% alors que la liste LR n’atteignait que 10,8%. Alors le candidat, qui se présente sans aucun logo de parti, engloutit les kilomètres dans sa Renault Clio noire de location pour parcourir les 271 communes de sa circonscription.

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Tous les événements sont bons à prendre : ici une kermesse d’école, là une inauguration. Les campagnes sur les marchés et les distributions dans les boîtes aux lettres se succèdent, avec son équipe d’une vingtaine de sympathisants. L’accueil est souvent chaleureux et bienveillant. On entend  » Bonne chance «  et « tu vas gagner » lancé au député sortant. Il répond invariablement, « on s’accroche ».

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