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A Villers-Cotterêts, un château à l’image des paroles de France

Le bruit des marteaux-piqueurs s’est arrêté. Dans l’enceinte du château de Villers-Cotterêts (Aisne), où le roi François Iereuh Signé un arrêté en 1539 imposant l’usage du français dans les documents judiciaires et administratifs, jusqu’alors rédigés en latin, le ballet des ouvriers s’arrêta et la fine poussière qui recouvrait les sols fut nettoyée. Après quatre années de travaux, les constructions modulaires et les échafaudages ont été démontés. La promesse du candidat Emmanuel Macron, lancée en mars 2017 lors de sa première campagne présidentielle, a pris forme : la Cité internationale de la langue française sera inaugurée par le président de la République lundi 30 octobre, à 10 heures, avant une ouverture, 1euh novembre.

L’équipement prestigieux, justifiant un budget total de 211 millions d’euros, ne se limite pas au cours interactif de 1 600 mètres carrés sur la langue française, son expansion et son enrichissement grâce à la francophonie. Il accueille des associations locales (club d’escrime, bureau des écrivains publics…), des résidences d’auteurs francophones et, dans son vaste auditorium, des expressions actuelles comme le rap, le slam et le solo-en-scène. L’enjeu est d’attirer, autour d’un parcours présenté de manière ludique, des visiteurs aux profils divers : étrangers francophones et Picards, habitués des musées et publics moins familiers.

Selon Marie Lavandier, qui a succédé à Philippe Bélaval à la présidence du Centre des monuments nationaux (CMN) en mai, la Ville est « plus qu’un monument, plus qu’un parc, plus qu’un projet de territoire ». Ouverte à de multiples usages, elle vise à traduire l’intuition présidentielle, celle d’un ciment culturel reliant la Picardie désindustrialisée à la capitale, mais aussi la vaste francophonie à la France. «  Pour le président, la langue fonde notre imaginaire, notre permanence et notre communauté, elle est l’instrument de la lutte contre la décivilisation »défend l’entourage d’Emmanuel Macron.

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Un grand dessein que la nouvelle a violemment frappé le 13 octobre : un professeur de français, Dominique Bernard, a été sauvagement assassiné à Arras. Ses funérailles le 19 octobre, en présence d’Emmanuel Macron, ont décalé l’inauguration de la Ville, prévue le même jour. « Nous ne pouvons pas l’ignorer, confier à Monde la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak. La langue, enseignée par des professeurs passionnés dans tout le pays, est ce qui nous unit, ce qui fait de nous une nation. Plus il y a de tensions, plus il y a de repli sur soi, plus nous avons besoin d’espaces de dialogue, d’éveil sensible et de rencontres comme celle-ci. » Et d’ajouter : « Le français est aussi la langue de l’humour, de l’impertinence, du second degré. Depuis, nous l’avons en tête l’attaque contre Charlie Hebdo. »

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