accord entre partenaires sociaux sans le Medef

Ils voulaient prouver que la social-démocratie fonctionne, même en l’absence des poids lourds du monde des affaires. Mardi 23 avril, deux projets d’accords ont été finalisés à l’issue d’une réunion entre les syndicats et l’Union des entreprises locales (U2P), la plus petite organisation patronale. L’un des textes pose les bases d’un compte épargne temps universel (CETU) tandis que l’autre porte sur la reconversion professionnelle. Les protagonistes sont arrivés à ce résultat, qu’ils doivent soumettre à leurs autorités, sans le Medef ni la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), ces deux mouvements n’ayant pas voulu se mêler aux discussions.

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Les compromis trouvés mardi concernent des thèmes que les partenaires sociaux avaient abordés lors des négociations infructueuses, « pour un nouveau pacte de vie au travail ». Après l’échec de ce cycle de négociations, dans la nuit du 9 au 10 avril, l’U2P a proposé d’en rouvrir très rapidement un autre. Ce que les syndicats ont accepté. Les dirigeants du Medef et du CPME ont décliné l’invitation, notamment parce qu’elle visait à trouver un terrain d’entente sur le CETU, un système auquel ils sont hostiles.

Ce dispositif, qui fait désormais l’objet d’un projet d’accord, est destiné à permettre aux travailleurs de suspendre temporairement leur activité, par exemple pour acquérir des compétences complémentaires ou pour subvenir aux besoins d’un proche. Alimenté via plusieurs canaux (jours de congés non pris, primes…), le compte est utilisable à tout moment, même si son titulaire change d’entreprise.

« Nouvelle loi »

C’est la CFDT qui est la plus proactive sur ce dossier car la CETU correspond à une de ses anciennes revendications. Le texte bloqué mardi « c’est une vraie satisfaction »a commenté Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint du parti central. « Ce n’est peut-être pas révolutionnaire », a déclaré, de son côté, Eric Courpotin, secrétaire confédéral de la CFTC. Cependant, c’est un « nouvelle loi », qu’il faut saluer, à ses yeux. Force ouvrière ne le demande pas, mais pourrait avaliser la mesure. En revanche, la CFE-CGC et la CGT sont très réservées, voire défavorables, et ne devraient donc pas donner leur imprimatur.

Quant à l’U2P, elle estime que le système est de nature à améliorer l’attractivité des petites entreprises. Sa position reflète aussi un souci de pragmatisme : le CETU étant un engagement de campagne d’Emmanuel Macron qui verra forcément le jour, il vaut mieux, selon elle, que les partenaires sociaux soient proactifs plutôt que soumis aux ukases du législateur .

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