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Affaire Jérémy Gabriel |  Mike Ward évite une poursuite en diffamation

(Montréal) Après avoir remporté l’an dernier une affaire très médiatisée en matière de droits de la personne et de liberté d’expression devant la Cour suprême du Canada, Mike Ward évite une poursuite en diffamation intentée par la mère de Jérémy Gabriel.

Publié à 13h27

Un juge de la Cour du Québec a rejeté la poursuite en diffamation intentée par Sylvie Gabriel contre l’humoriste, en lien avec une blague qu’il a faite entre 2010 et 2013 au sujet de Jérémy Gabriel, qui était chanteur à l’époque. adolescent handicapé bien connu.

Sa mère a réclamé des dommages et intérêts de 84 600 $ à Mike Ward, arguant que la plaisanterie qu’il avait faite aux dépens de Jérémy Gabriel lui avait causé un préjudice important.

La juge Manon Gaudreault a rejeté la poursuite le 30 mai. Elle soutient que le délai d’un an pour intenter une poursuite en diffamation était passé — même en tenant compte de tout le temps que cette affaire a passé devant d’autres tribunaux.

Le juge Gaudreault rejette toutefois au passage l’affirmation de l’humoriste selon laquelle la poursuite de Mmoi Gabriel constituait un abus de procédure et un recours excessif à la justice.

Affaire Jérémy Gabriel |  Mike Ward évite une poursuite en diffamation

Photo Hugo-Sébastien AUBERT, archives LA PRESSE

Jérémy Gabriel

La décision du juge Gaudreault est la dernière étape d’une longue saga judiciaire entre la famille Gabriel et Mike Ward, une saga qui s’est rendue jusqu’à la Cour suprême.

Dans une décision très partagée (cinq contre quatre), le plus haut tribunal du pays a statué en octobre dernier que le Tribunal des droits de la personne du Québec n’avait pas compétence pour rendre un jugement sur la plainte de discrimination déposée par M. Gabriel, puisqu’il s’agissait plutôt de une affaire de diffamation.

Jérémy Gabriel est atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie congénitale caractérisée par des déformations du crâne et du visage. Selon la Cour suprême, les propos tenus par l’humoriste à propos de Jérémy Gabriel lors d’une émission il y a quelques années ne répondaient pas au critère de discrimination invoqué par les requérants.

Lorsque Mike Ward évoquait Jérémy Gabriel dans ses émissions, l’adolescent était un chanteur bien connu, qui s’était produit aux côtés de Céline Dion et du Pape au Vatican.

En 2016, le Tribunal des droits de la personne du Québec a condamné Mike Ward à verser à Jérémy Gabriel 35 000 $ et 7 000 $ à sa mère en dommages moraux et punitifs, jugeant qu’ils avaient tous deux été victimes de discrimination. La Cour d’appel confirme alors le verdict et entérine le paiement de 35 000 $ au jeune homme, mais annule les dommages-intérêts qui devaient être versés à sa mère.

L’affaire a été portée devant la Cour suprême, opposant l’expression artistique, sous forme de comédie satirique noire, à la protection de la dignité humaine. Le plus haut tribunal du pays a conclu que le chanteur et sa mère s’étaient trompés de forum – le Tribunal des droits de la personne – pour intenter leur poursuite, puisqu’il ne s’agissait pas d’un cas de discrimination, en vertu des chartes, mais de diffamation.

Comme sa mère, Jérémy Gabriel a également intenté une poursuite en diffamation contre Mike Ward devant la Cour supérieure; il réclame des dommages-intérêts de 288 000 $. L’avocat du comédien, Julius Gray, a déclaré qu’il demandera au tribunal de rejeter la poursuite, lors d’une audience prévue le 29 juin.e Gray dira qu’il s’agit encore d’un autre abus de procédure.


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