Alexandre Lacazette et Wendie Renard, destins olympiques croisés

A 33 ans chacun, les deux capitaines de l’Olympique Lyonnais s’apprêtent à disputer les Jeux Olympiques chez eux. Une des dernières opportunités pour eux de remporter un titre international.

France Télévisions – Éditorial Sport

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Alexandre Lacazette et Wendie Renard s'entraînent à Clairefontaine avec l'équipe de France avant les Jeux Olympiques.  (AFP)

« Ne commence pas ! » Lorsqu’on leur demande de se décrire, la réponse d’Alexandre Lacazette, l’œil qui brille, fait immédiatement sourire Wendie Renard. « Wendie ? La première image que j’ai d’elle est au fond de la classe en CE2. » En conférence de presse à Clairefontaine, mercredi 26 juin, les deux amis ont multiplié les plaisanteries, mais surtout les éloges.

Lorsqu’ils se sont rencontrés en 2006 au lycée Saint-Louis-Saint-Bruno de Lyon, alors qu’ils étaient tous deux au centre de formation de l’Olympique Lyonnais, les actuels capitaines du club n’imaginaient pas se retrouver côte à côte. côte 18 ans plus tard à Clairefontaine, à un mois de défendre les couleurs de l’équipe de France aux Jeux Olympiques. Cette longévité, « cela montre que nous avons été sérieux tout au long de notre carrière, nous avons été récompensés »estime la buteuse de l’OL de 33 ans, comme Wendie Renard. « Nous n’avons pas changé, nous sommes très semblables au niveau des valeurs, des principes de vie, ce côté antillais aussi. Nous sommes comme une famille »ajoute l’international tricolore.

« Personne ne mérite plus qu’elle, personne ne me vient à l’esprit. Il serait logique que Wendie soit porte-étendard. »lance Alexandre Lacazette à propos de la candidature de la capitaine des Bleues pour conduire la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture le 26 juillet.

« Alex, au-delà du footballeur qui a lutté, a toujours fait preuve de détermination et d’abnégation, car cela n’a pas toujours été facile pour lui. Je suis très fier de ce qu’il est devenu, j’aime ce joueur parce qu’il est intelligent sur le terrain, il ne lâche rien », assure, de son côté, la Martiniquaise, au point de faire rire sa voisine : « Tu veux me faire pleurer? »

Wendie Renard et Alexandre Lacazette en conférence de presse, le 26 juin 2024. (-)

L’histoire des Lyonnais, d’origine guadeloupéenne, avec les Bleus n’a pas toujours été linéaire. Depuis ses 16 sélections, et alors qu’il avait inscrit un doublé contre l’Allemagne en novembre 2017, il ne porte plus le maillot A de Didier Deschamps, malgré des prestations souvent abouties en club. Raison pour laquelle l’ancien d’Arsenal « se sentir comme un invité » depuis le début du rassemblement olympique. Inscrit dans la pré-liste du sélectionneur Thierry Henry au terme d’une deuxième partie de saison canon avec l’OL (19 buts), il a appris sa sélection sur les réseaux sociaux.

Mais il assure ne ressentir aucune pression, d’autant que l’entraîneur lui a clairement fait comprendre qu’il ne voulait pas en faire le « grand frère » où le « oncle » du groupe U23. « Il y a un côté passionnant. Pour moi, c’est ma dernière chance de gagner quelque chose avec l’équipe de France. J’ai vraiment envie de quitter cette compétition avec beaucoup de joie et une médaille. La première semaine, j’ai regardé, j’ai essayé de apprendre, et maintenant je m’ouvre un peu plus. Au fond, je suis plutôt timide. » explique-t-il avant d’être interrompu par un geste ironique de son collègue : « Non, c’est vrai, nous sommes pareils, timides quand on ne sait pas, et nous avons besoin de notre entourage. »

L’ambiance très lyonnaise de ces derniers jours – Rayan Cherki, Castello Lukeba et Jean-Philippe Mateta assurent une fibre rhodanienne en plus des nombreux internationaux passés ou actuellement au club – l’a aidé à retrouver ses repères au Centre National de Football. « La joie de retrouver le château était immense. Cela m’a fait plaisir de revenir à Clairefontaine et de voir les installations, même si cela a un peu changé en sept ans.

Wendie Renard ne manque pas de références. Présente chez les Bleues depuis mars 2011, dix mois seulement après les débuts professionnels d’Alexandre Lacazette, l’octuple défenseur de la Ligue des champions participera cet été à ses troisièmes Jeux olympiques après Londres (4e) et Rio (quarts de finale). « En tout cas, ce sont mes derniers Jeux Olympiques, c’est sûr »elle assure changer d’avis une nouvelle fois sur le sujet : « Los Angeles 2028 ? Pas à pas. »

Les deux leaders seront attendus dès le début de leurs tournois respectifs, où ils espèrent décrocher l’or au terme d’un programme copieux. « J’ai eu la chance de faire la Coupe du monde 2019 en France, il y a les JO. Ce sera intense et demandera beaucoup de détermination, car nous jouerons tous les trois jours »se souvient Wendie Renard. Hommes et femmes seront logés au même endroit en termes de rythme. Ce sera aussi une première : la France n’a jamais aligné ses sélections féminines et masculines lors d’une même édition olympique.