après l’annonce du plan social, une période d’angoisse commence pour des centaines de salariés

Dans un magasin Casino, à Villefranche-sur-Saône (Rhône), le 28 avril 2023.

Employé depuis trente-six ans au supermarché Casino Valence 2, Laurent Cordier est  » choqué « . Cet élu FO au comité social et économique (CSE) de l’établissement a reçu, mercredi 24 avril en milieu de matinée, un appel de son directeur régional qui l’informe que son supermarché, et les 62 salariés qui y travaillent, deviendraient le 27e point de vente pour lequel Casino n’a toujours pas d’acheteur.

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M. Cordier se range donc du côté des salariés sous le hache du licenciement économique. Le groupe Casino (racheté le 27 mars par un consortium composé de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, associé à Marc Ladreit de Lacharrière, fondateur de la holding Fimalac, et du fonds La société d’investissement britannique Attestor) l’a annoncé mercredi dans un communiqué « la suppression nette d’un maximum de 1.293 à 3.267 postes », suite à son plan de transformation, qui s’adapte « la taille de ses fonctions support dans ses différents sièges ainsi que son réseau logistique ». La différence entre les deux chiffres vient du nombre de magasins non repris qui baisserait le rideau.

Dans l’ensemble du groupe (qui gère les enseignes Casino, Franprix, Monoprix), les salariés sont répartis entre  » inquiétude «  Et  » relief «  d’avoir enfin des informations après plusieurs mois d’incertitude. « C’est moins de dégâts sociaux qu’on aurait pu le prévoir, même si c’est encore trop »estime Nathalie Devienne, déléguée SNTA-FO. « Reste à savoir quels postes exactement et quelle rémunération », ajoute Jean Pastor, délégué CGT et représentant de l’intersyndicale. Les premières réunions débuteront le 6 mai.

Au total, 1.293 postes seraient supprimés dans les différents sièges du groupe, dont 554 à Saint-Etienne, qui emploie 1.564 personnes, alors que les salariés en attendaient davantage. Les repreneurs se sont engagés à préserver un maximum d’emplois au siège historique du distributeur, auprès des élus locaux et à Bercy. Ce moindre mal semble possible grâce à la réintégration de services externalisés, « comme les fiches de salaire de Monoprix »note M. Pastor.

Logistique et sièges affectés

Cela n’a pas empêché le maire (ex-Les Républicains) Gaël Perdriau, également président de la métropole stéphanoise, de réagir mercredi en évoquant un « un nombre important de suppressions d’emplois ». Il dit qu’il veut rencontrer « l’équipe dirigeante sera bientôt de nouveau en place pour consolider la présence du groupe à Saint-Etienne ».

Dans la logistique, 740 postes, sur un total de 2.140, sont menacés, et quatre entrepôts seront fermés à Besançon, Toulon, Limoges et Gaël, en Ille-et-Vilaine. Chez Monoprix, un plan social pour 102 personnes sur 1.111 au siège de Clichy (Hauts-de-Seine) a été annoncé.

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