Skip to content
Après un week-end de violences, des renforts de police arrivent à Mayotte


Des renforts de police sont arrivés mardi à Mayotte, après plusieurs jours de violences entre jeunes de quartiers rivaux, provoquées par le meurtre de l’un d’entre eux. L’outre-mer compte sur le Raid pour tenter d’endiguer le phénomène.

Le Raid, l’unité d’intervention d’élite de la police, est arrivé mardi 22 novembre à Mayotte, pour la deuxième fois cette année. Depuis plusieurs jours, le département français d’outre-mer est victime d’une flambée de violence entre gangs rivaux.

La situation est restée tendue dans la nuit de lundi à mardi à Mamoudzou, la plus grande ville de l’île, secouée depuis une dizaine de jours par des conflits inter-quartiers qui ont fait un mort le 12 novembre – un jeune homme de 20 ans tué à coups de machette – et plusieurs blessés.

Le quartier de Kawéni, d’où était originaire la victime, a pris feu en milieu de semaine dernière après l’attaque d’un car scolaire. Samedi, 200 à 250 jeunes de ce quartier se sont rassemblés pour en découdre avec ceux du quartier de Doujani, plus au sud, selon la police.

Dimanche, un automobiliste a été poignardé à Mtsapéré Bonovo, un autre quartier de Mamoudzou, selon une source policière.


Mayotte : nouvelle nuit de violences entre jeunes de quartiers rivaux © France24

A l’ouverture d’un point presse de son groupe parlementaire (Liot) mardi, la députée de Mayotte Estelle Youssouffa a lancé un « cri de détresse » sur le « cycle de la vendetta », « la barbarie et la terreur » dans l’île. , dénonçant « l’indifférence générale » à Paris.

« On parle de hordes de centaines de jeunes, pour la plupart des Comoriens en situation irrégulière, qui ont entre douze et treize ans, armés de machettes et qui sèment la mort », a-t-elle déclaré. « On se demande quand ça suffit ? Que vaut la vie de nos enfants qui vont à l’école avec la peur au ventre depuis des mois ? »

« Depuis 15 ans, Mayotte, l’île aux parfums, est devenue l’île de l’enfer », s’emporte le maire de Mamoudzou, Ambdilwahédou Soumaila, joint au téléphone par l’AFP.

« Il faut les combattre »

Le maire de Mamoudzou, qui, comme le reste de la classe politique mahoraise, a approuvé l’envoi d’unités d’élite dans l’île, demande qu’elles restent « jusqu’à ce que la République reprenne ses droits ». Selon lui, il ne s’agit plus seulement de « maintenir l’ordre », « il faut les combattre, aller les retrouver là où ils sont dans les bidonvilles, les quartiers reculés, les attraper et les traduire en justice », plaide-t-il.

En attendant, la police a tenu à distance plusieurs groupes qui voulaient s’affronter lundi soir, selon une source policière. En rebroussant chemin, des petits groupes en ont profité pour s’en prendre aux usagers de la route, selon des témoins.

Au sud de Mamoudzou, des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) sont intervenus vers 20 heures locales (18 heures à Paris) pour dégager un barrage routier à Tsoundzou, tandis qu’un groupe de jeunes cherchait l’affrontement avec les forces de l’ordre à Cavani .

Vers 5 heures du matin, un groupe d’individus installe un pare-feu à proximité du tribunal, dans le même secteur. Les forces de l’ordre ont rapidement levé la barricade et rétabli la circulation sur cet axe routier qui permet d’accéder à Kawéni, un quartier qui concentre la plus grande concentration de commerces et d’écoles ainsi que le plus grand bidonville du département. selon une source policière.

Le bus scolaire, à l’arrêt depuis mercredi dernier sur l’île – les chauffeurs ayant fait valoir leur droit de retrait – a repris mardi matin mais sans desservir les quartiers de Kawéni et Majicavo.

Mi-octobre, maires et élus de Mayotte avaient alerté Paris sur la violence « insupportable » et croissante dans le département, exigeant que « l’Etat assume pleinement sa mission régalienne de sécurité ».

En visite en août, le ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer, Gérald Darmanin, avait promis des renforts de gendarmerie, qui devraient être disponibles l’été prochain.

Avec l’AFP

France 24

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.