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Au musée de Montmartre, à Paris, Fernande Olivier, compagne et modèle de Picasso

Fernande Olivier (1881-1966) n’est le plus souvent connue que pour avoir été la compagne et le modèle de Pablo Picasso (1881-1973), de leur rencontre en août 1904 à leur rupture en mai 1912. Son livre Picasso et ses amis (1933) est lu pour ce qu’il rapporte d’une période d’autant plus remarquable qu’elle est celle des Dames d’Avignon (1907) et le cubisme. Le sien Souvenirs intimes, publiés à titre posthume en 1988 chez Calmann-Lévy, ont reçu moins d’attention, bien qu’ils n’en soient pas moins intéressants. L’exposition, qui occupe deux étages du musée de Montmartre, à Paris, à quelques encablures du Bateau-Lavoir où le couple vécut jusqu’en septembre 1909 et leur déménagement boulevard de Clichy, s’appuie également sur les deux volumes. La chronique du cubisme et l’autobiographie intime de Fernande s’y entremêlent.

Lorsqu’elle rencontre Picasso, elle choisit de taire son passé. Son prénom et son nom sont bien son invention. Elle est née Amélie Lang, d’un père « non dénoncé », car il était marié à une femme autre que sa mère. Le milieu maternel est celui de la petite bourgeoisie parisienne, le commerce de fleurs artificielles de sa tante. En 1898, elle est violée par un dénommé Paul Percheron, beau-frère d’un employé de magasin. Le 11 mars 1899, un fils, André Robert, est né. Elle est mariée de force au père, bien que mineur. Paul Percheron la soumet à des viols et des violences et, l’année suivante, en 1900, elle s’enfuit du domicile conjugal.

Mmoi Amélie Percheron devient le mannequin Fernande Olivier. Elle vécut un temps chez le sculpteur Laurent Debienne, à Montparnasse, puis, en 1901, au Bateau-Lavoir. Elle a posé pour des gloires académiques comme Fernand Cormon ou Jean-Jacques Henner, pour des artistes mondains comme Giovanni Boldini, qui a tenté de la violer et qu’elle a rejeté de force, et pour des plus jeunes, dont les amis catalans de Picasso, Joaquim Sunyer et Ricard Canals. .

Née Amélie Lang, son prénom et son nom de modèle, Fernande Olivier, sont de son invention

Cette deuxième partie de sa vie est illustrée dans l’exposition par des variations sur des motifs espagnols de ces deux peintres et quelques autres, dont un Loge à la tauromachie (1904), de Canals, où Fernande est déguisée en señora avec une mantille et un éventail. Il l’est aussi par des documents qui rappellent combien être mannequin est fatigant et, parfois, dangereux. Aussi, Picasso refuse qu’elle continue à poser dès qu’elle devient sa compagne, à l’exception de quelques séances dans l’atelier du voisin, Kees van Dongen.

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