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Augmentation du nombre de titres miniers |  Une nouvelle coalition réclame un moratoire

L’opposition à l’essor des titres miniers dans le sud du Québec grandit. Une nouvelle coalition regroupant des associations de protection des lacs demande à son tour au gouvernement Legault de décréter un moratoire sur l’attribution des titres miniers, en hausse dans plusieurs régions.


La Coalition québécoise des lacs incompatibles avec l’activité minière ou coalition QLAIM sera officiellement lancée ce mercredi, a appris La presse. Celui-ci regroupe déjà près de 75 associations de protection des lacs, dont plusieurs dans les Laurentides, l’Outaouais et Lanaudière.

Dans ces trois régions, le nombre de claims miniers a considérablement augmenté au cours des deux dernières années, selon une compilation réalisée par la Quebec Better Mine Coalition. Selon l’organisme, le prix élevé de l’or et la demande croissante de minéraux comme le graphite et le lithium sont à l’origine de cette augmentation du nombre de titres miniers.

Un titre minier est un droit exclusif de vérifier la présence de minerai sur un territoire de 160 000 mètres carrés. Pour moins de 100 $, un claim peut être acquis en quelques minutes grâce à la plateforme de gestion des titres miniers (GESTIM) du ministère des Ressources naturelles et des Forêts.

Augmentation du nombre de titres miniers |  Une nouvelle coalition réclame un moratoire

PHOTO ÉTIENNE RANGER, DROIT

Louis St-Hilaire

Il y a partout une accélération du nombre de sinistres. Et si on ne fait pas un moratoire dès le départ, ça va encore augmenter.

Louis St-Hilaire, porte-parole de la coalition QLAIM

La coalition QLAIM regroupe déjà des associations de plusieurs grands lacs de leurs régions respectives, dont le lac Tremblant (Laurentides), le lac Simon (Outaouais) et le lac Taureau (Lanaudière).

L’idée d’une coalition a pris forme quelques jours avant Noël, explique M. St-Hilaire. En quelques semaines, près de 75 associations de protection des lacs ont accepté de rejoindre la coalition QLAIM. « Je pense que nous aurons encore plus [au sein de la coalition] quand on le sait », dit-il. Louis St-Hilaire estime qu’il y a environ 500 associations de ce genre au Québec.

Selon les calculs de la Quebec Better Mine Coalition, un peu plus de 267 000 claims miniers étaient inscrits au registre GESTIM à la fin de 2022. Si 1 % d’entre eux se matérialisent en projets miniers, « ça fait beaucoup de mines », estime Louis St-Hilaire.

Augmentation du nombre de titres miniers |  Une nouvelle coalition réclame un moratoire

IMAGE FOURNIE PAR LE GROUPE DE PROTECTION DES LACS DE LA PETITE-NATION

Le boom minier de l’Outaouais, des Laurentides, de Lanaudière et de la Mauricie, en 2022

« Les citoyens sont-ils prêts à cela ? Un projet minier transforme une région. Les gens devraient pouvoir s’exprimer sur le développement de leur région », ajoute-t-il, précisant que plusieurs citoyens s’inquiètent de la qualité de l’eau et de la qualité de vie avec cette augmentation du nombre de claims miniers.

« Un message fort »

Benoit Lauzon, maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, en Outaouais, se réjouit de l’arrivée de la coalition QLAIM. « Les villes, les MRC et les collectivités se rassemblent pour porter un message fort, dit-il.

Un message que le monde municipal entend faire passer lors d’un forum qui se tiendra à Gatineau jeudi. Organisé par l’Union des municipalités du Québec, à l’initiative de Benoit Lauzon, l’événement s’intitule Intégration des activités minières : acceptabilité sociale et cohabitation.

À ce jour, 209 municipalités représentant un peu plus d’un million de personnes demandent au gouvernement du Québec des pouvoirs supplémentaires pour mieux encadrer cet engouement pour le sous-sol québécois. Ils exigent, entre autres, que nous mettions fin à la préséance de Loi sur les mines dans l’aménagement du territoire.

L’article 246 de la Loi sur l’urbanisme et l’urbanisme dit en effet que « rien dans la présente loi, un plan métropolitain, un schéma, un règlement ou une résolution de contrôle intérimaire ou un règlement de zonage, de lotissement ou de construction ne peut avoir pour effet d’empêcher la désignation sur une carte d’un réclamation, l’exploration, la recherche, le développement ou l’exploitation de substances minérales effectués conformément à la Loi sur les mines « .

Nous sommes une collectivité territoriale, nous connaissons bien nos territoires, il faudrait nous donner les pouvoirs pour les gérer. C’est une loi [la Loi sur les mines] qui est ancien, qui doit être revu avec les problèmes actuels.

Benoit Lauzon, maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau




La législation prévoit notamment que des travaux d’exploration ne peuvent être menés à moins de 1000 mètres du périmètre urbain. « Pour les lacs où il y a des habitations, ça tombe à 600 mètres. On veut le même 1000 mètres pour protéger les lacs qui sont notre richesse », illustre le préfet de la MRC de Papineau et administrateur de l’UMQ.

La directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec, Valérie Filion, n’est pas de cet avis. « La loi a été sanctionnée en 2013. Ça marche bien, selon nos membres », dit-elle.

Selon Mme Filion, « le défi de la cohabitation [avec l’industrie minière] est bien plus intéressant que d’exclure des territoires ». « L’important, c’est de se parler, ajoute-t-elle. On a tout ce qu’il faut dans la loi pour rassurer les gens. »

Apprendre encore plus

  • 408%
    Dans Lanaudière, le nombre de titres miniers a bondi de 408 % entre le 1euh Janvier 2021 et 30 juin 2022. Les Laurentides et l’Outaouais ont connu des augmentations de 71 % et 211 %.

    Source : Coalition Québec Mieux Mieux

    85%
    En 2021, les dépenses liées aux travaux d’exploration minière au Québec se sont élevées à près de 1 milliard de dollars, en hausse de 85 % par rapport à l’année précédente.

    Source : Institut statistique du Québec


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