Avec Franck Thilliez dans l’enfer de « Norferville »

« PPersonne ne choisit vraiment de vivre ici. Les gens viennent uniquement pour l’argent, le travail ou pour reconstruire leur vie à partir de zéro, car il vaut mieux qu’ils disparaissent de la civilisation. » Ici, c’est Norferville, ville minière du Grand Nord canadien inspirée d’une ville réelle, qui devient, sous la plume de Franck Thilliez, un lieu monstre aux crocs de glace. En vingt ans, il y a eu trois crimes à Norferville, pour la plupart des bagarres d’ivrognes. Mais il y a les suicides, la drogue, la « mort douce » offerte aux imprudents par le piège du froid. Et le souvenir refoulé de ces viols, commis quelques années plus tôt sur des jeunes femmes autochtones d’origine innue, dont le mode de vie et les traditions ont été balayées, leur intégrité niée. Ces viols dont personne n’a parlé.

À LIRE AUSSI Revivez notre grande interview avec le maître du thriller Franck ThilliezLe corps de Morgane Schaffran est retrouvé à Norferville. Française, elle s’était exilée dans cette partie du monde pour des raisons floues, armée de talons aiguilles et de nuisettes en satin – un équipement médiocre pour le Grand Nord. Son corps a été molesté, son foie arraché, peut-être dévoré. Qui, un homme ou un animal, a pu commettre un crime aussi féroce ? La lieutenante chargée de l’enquête, Léonie Kuekuatsheu Rock, une métisse connue dans sa communauté sous le nom de « pomme », « rouge à l’extérieur, blanche à l’intérieur », se lance à la poursuite du tueur, soutenue notamment par le père (…) Lire la suite