Bombardements israéliens intenses et combats acharnés dans le nord de la bande de Gaza

AFP

Combats acharnés à Gaza, situation humanitaire « désastreuse » selon l’UNRWA

De violents combats ont lieu samedi entre l’armée israélienne et les combattants du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, où les conditions de vie des habitants sont « désastreuses » selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). La guerre, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste en Israël le 7 octobre, ne se calme pas sur tout le territoire palestinien, et fait craindre un embrasement au Liban. Les troupes israéliennes ont lancé le 7 mai une offensive terrestre dans la ville de Rafah (sud), présentée alors par Israël comme le dernier bastion majeur du mouvement islamiste palestinien. Mais les combats se sont depuis intensifiés dans plusieurs autres régions, notamment dans le nord. Depuis jeudi, l’armée israélienne mène une opération à Shujaiya, un quartier à l’est de la ville de Gaza, où se trouvent, selon elle, des « infrastructures terroristes ». La Défense civile a fait état vendredi de « nombreux morts » et de la fuite de « dizaines de milliers de civils », après un appel de l’armée à évacuer le quartier. – « Se mettre à l’abri » – « Ma famille et moi avons fui Shujaiya à cause des bombardements israéliens par des avions, des chars et des drones (…) Nous n’avons rien pu emporter chez nous : nous avons laissé de la nourriture, des matelas et des couvertures (… ) Nous avons juste dû nous mettre à l’abri », a déclaré à l’AFP Mohammed Harara, 30 ans. Dans la nuit et samedi matin, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions, des frappes aériennes et des tirs d’armes à feu en provenance de ce secteur. L’armée israélienne a indiqué qu’elle poursuivait ses opérations à Choujaïya, affirmant avoir éliminé vendredi « un grand nombre de terroristes et localisé un dépôt d’armes dans une école ». Au centre du territoire, où l’armée dit avoir éliminé « de nombreux » combattants palestiniens, la Défense civile a indiqué que quatre corps et six blessés avaient été retirés des décombres d’un immeuble touché par une frappe israélienne dans le secteur d’al-Sedra. . Plus au sud, cinq corps ont été découverts suite à un bombardement contre des tentes de déplacés dans le secteur d’al-Mawasi, près de Rafah, selon les médecins. L’armée poursuit ses opérations dans cette dernière ville, frontalière avec l’Egypte, affirmant avoir éliminé « de nombreux terroristes ». L’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre en Israël a fait 1.195 morts, pour la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes. Lors de l’attaque, 251 personnes ont été enlevées, dont 116 sont toujours détenues à Gaza, dont 42 mortes, selon l’armée. Israël s’est engagé à détruire le Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007 et qu’il considère comme une organisation terroriste, tout comme les États-Unis et l’Union européenne. Son offensive sur la bande de Gaza a jusqu’à présent tué 37 765 personnes, pour la plupart des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas. La guerre a provoqué une catastrophe humanitaire dans le petit territoire palestinien assiégé de 2,4 millions d’habitants, dont plus de la moitié ont été déplacés : l’eau et la nourriture manquent et le système de santé est à genoux. – « Pas d’eau, pas de nourriture » – Au total, 32 des 36 hôpitaux de la bande de Gaza ont été endommagés depuis le 7 octobre, et 20 d’entre eux sont désormais hors service, selon les chiffres publiés vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). ). Une chargée de mission de l’UNRWA, Louise Wateridge, a qualifié vendredi les conditions de vie sur le territoire de « désastreuses », où l’aide humanitaire afflue au compte-goutte. Les habitants vivent dans des bâtiments en ruine ou dans des tentes autour d’un énorme tas d’ordures, a-t-elle déclaré aux journalistes à Genève via liaison vidéo depuis le centre de la bande de Gaza. « Il n’y a pas d’eau, pas d’assainissement, pas de nourriture », a-t-elle ajouté à propos de Khan Younis. Les craintes que le conflit ne s’étende au Liban se sont récemment intensifiées avec une escalade verbale entre Israël et le puissant mouvement libanais Hezbollah, allié du Hamas. Depuis le 7 octobre, les deux camps ont échangé des tirs presque quotidiennement dans la zone frontalière, des violences meurtrières provoquant la fuite de milliers d’habitants des deux côtés de la frontière. Le Hezbollah a annoncé vendredi avoir lancé plusieurs attaques contre des positions militaires israéliennes proches de la frontière, et annoncé la mort d’un de ses combattants, tué par des tirs israéliens. L’agence de presse officielle libanaise a fait état de la mort de trois personnes, dont deux Palestiniens, lors d’une frappe israélienne contre le village de Kfar Kila, au sud du Liban. Dans le nord d’Israël, des sirènes d’alerte aux roquettes ont retenti à plusieurs reprises, selon l’armée, qui a indiqué par la suite que trois drones avaient été lancés depuis le Liban avant de tomber en Galilée, sans faire de victimes.bur-vl/feb