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Burkina Faso : la diffusion de RFI suspendue « jusqu’à nouvel ordre », la FMM déplore cette décision


La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a suspendu la diffusion de Radio France Internationale, l’accusant de diffuser de fausses informations et de donner une tribune aux militants islamistes, selon un communiqué publié sur le site Internet du gouvernement. « Des accusations totalement infondées », a réagi RFI samedi soir, déplorant une décision « mettant en cause le professionnalisme de ses antennes ».

Le Burkina Faso a ordonné, samedi 3 décembre, « la suspension immédiate et jusqu’à nouvel ordre » de Radio France internationale (RFI), l’accusant notamment d’avoir relayé un « message d’intimidation » attribué à un « chef terroriste ». , a annoncé le porte-parole du gouvernement burkinabè.

En ayant relayé ce message, RFI « contribue ainsi à une manœuvre désespérée des groupes terroristes pour dissuader les milliers de Burkinabè mobilisés pour la défense de la Patrie », indique un communiqué signé du porte-parole, Jean Emmanuel Ouedraogo.

En début de semaine, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, a diffusé une vidéo dans laquelle l’un de ses dirigeants au Burkina Faso menaçait d’attaquer des villages défendus par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), auxiliaires civils de l’armée, qui vient d’en recruter 90 000 en trois semaines pour faire face à la recrudescence des attaques djihadistes.

Le gouvernement reproche également à RFI, la radio publique française, d’avoir inclus dans sa revue de presse de vendredi « des informations trompeuses, indiquant que : ‘Le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, assure qu’une tentative de coup d’Etat a visé son pouvoir' ». ‘ ».

Le communiqué rappelle que « le 3 novembre, le gouvernement avait déjà exprimé son indignation face à l’attitude tendancieuse des journalistes de ce média (RFI) et leur propension à discréditer la lutte dans laquelle le peuple burkinabé est engagé pour plus de liberté et de dignité ”.

« Au vu de tout ce qui précède, le gouvernement a décidé de suspendre immédiatement jusqu’à nouvel ordre la diffusion des programmes de Radio France Internationale sur l’ensemble du territoire national », ajoute-t-il.

« Des accusations totalement infondées »

La direction de RFI « déplore vivement cette décision et proteste contre les accusations totalement infondées mettant en cause le professionnalisme de ses antennes », a-t-elle indiqué samedi soir dans un communiqué.

« Cette coupure s’est produite sans préavis et sans que les procédures prévues dans la convention de diffusion RFI établie par le Haut Conseil de la communication du Burkina Faso soient mises en œuvre », précise-t-elle.

Elle ajoute que le groupe mondial des médias France auquel appartient RFI, « explorera toutes les voies pour parvenir au rétablissement de la diffusion de RFI, et rappelle son attachement sans faille à la liberté d’informer ainsi qu’au travail professionnel de ses journalistes ».

Selon la direction de RFI, la radio est suivie chaque semaine au Burkina Faso « par plus de 40% de la population et plus de 70% des leaders d’opinion ».

Un journaliste de l’AFP à Ouagadougou a remarqué en fin d’après-midi qu’on ne pouvait plus écouter cette radio.

Le gouvernement a néanmoins insisté « pour réaffirmer auprès de l’opinion nationale et internationale son attachement à la liberté de la presse et d’opinion » et « au droit du public à l’information », mais « appelle toutefois au respect des règles et principes édictés en la matière dans notre pays ». ”.

Le Burkina, théâtre de deux coups d’État militaires en huit mois et en proie aux violences jihadistes depuis 2015, est le deuxième pays de la région à interdire RFI cette année après le Mali, également dirigé par des militaires putschistes et frappé par les jihadistes, en mars.

« Les nerfs sont à vif, mais museler ou persécuter la presse ne transforme pas le mensonge en vérité », a déclaré Newton Ahmed Barry, journaliste et ancien président de la Commission électorale nationale (CEN).

Avec l’AFP


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