ces deux jours où Eric Ciotti a implosé la droite

Eric Ciotti, leader du parti Les Républicains, et Guilhem Carayon, leader des jeunes adhérents des Républicains, quittent le siège du parti à Paris le 11 juin 2024.

Une réunion au sommet. Au lendemain des élections européennes, lundi 10 juin, en fin d’après-midi, les dirigeants du parti Les Républicains (LR) se sont réunis dans le bureau de Gérard Larcher, afin d’analyser les résultats et de définir la ligne des élections législatives. , après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron. Autour du président du Sénat : la secrétaire générale du parti, Annie Genevard, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, le président des sénateurs LR, Bruno Retailleau, et le président du parti, Eric Ciotti.

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Ce dernier s’est rendu au Palais du Luxembourg en traînant les pieds, agacé par les manœuvres de Gérard Larcher qui, ces dernières semaines, semblait faire des offres de services au chef de l’Etat pour Matignon. Au lendemain d’un nouveau revers électoral pour LR, Eric Ciotti craint que le sénateur des Yvelines ne joue un double jeu. Bruno Retailleau l’a rassuré : « Allez, on a vraiment besoin de se voir ensemble ! » »

Les barons du parti sont d’accord : LR se présentera sous ses propres couleurs aux législatives et restera autonome. « Dès que nous concluons un accord avec l’un ou l’autre, nous serions à notre tour dissous »veut en croire M. Larcher, qui, levant les yeux de ses notes où il note tout, demande : « On est tout à fait d’accord ? » Les autres sont d’accord. A la fin de la séance, l’un des participants a murmuré à l’oreille du Président du Sénat : « Tu n’as pas trouvé Eric un peu sournois ? » « Vous le connaissez : il s’inquiète pour sa circonscription… », rassure le sénateur.

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Le lendemain, mardi 11 juin, c’est par le biais d’une alerte du Figaropeu après 10 heures, tout le monde apprend que le président du parti « considérer » un accord avec le Rassemblement national (RN). Ciotti n’a prévenu personne. Lundi soir, au téléphone avec le maire de Meaux, Jean-François Copé, qui plaide pour une alliance avec le pouvoir en place, le député des Alpes-Maritimes a rappelé la ligne indépendantiste adoptée au sein du cabinet Larcher. Même chose, mardi matin, chez l’ancienne candidate LR à l’élection présidentielle de 2022, Valérie Pécresse.

A l’issue d’une réunion avec les sénateurs LR, qui ont rejeté à l’unanimité le principe d’un accord avec le RN, Bruno Retailleau interpelle le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, après avoir découvert les intentions de« Éric » dans la presse : « Mais que t’a-t-il dit ? », « Je suis étonné, Bruno, comme toi… »jure l’éventuel futur candidat du parti à l’élection présidentielle de 2027. « Ce genre de chose, si les gens sont au courant, c’est foutu… » Eric Ciotti expliquera plus tard à Monde.

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