ces passagers inquiets des incidents sur Boeing

L’arrachement d’une porte en plein vol sur un Boeing 737 MAX d’Alaska Airlines et les incidents qui ont suivi ont inquiété certains passagers.
DANIEL SLIM / AFP

La psychose s’installe après la série noire qui touche le constructeur américain, notamment son modèle 737 MAX. Pour certains, cela s’étend même à d’autres constructeurs.

Valentin attendait avec impatience le voyage de son couple à New York au printemps, prévu depuis des mois. Mais depuis les derniers incidents qui ont touché les avions du constructeur américain Boeing, l’excitation a plutôt laissé la place à l’anxiété. « Nous devons partir en Boeing 777 », s’inquiète le jeune trentenaire. Je sais que ce n’est pas exactement le modèle qui pose problème, mais je ne peux m’empêcher de paniquer. »

soute ouverte, perte de pneu, réacteur en feu… Depuis la perte d’une porte en plein vol sur un Boeing 777 MAX d’Alaska Airlines début janvier, les déboires se poursuivent pour le constructeur américain. Alimentée par les investigations qui ont révélé des négligences dans son processus industriel, une certaine psychose s’installe, chaque incident – même mineur et sans rapport avec un défaut de l’appareil – se trouvant relayé et médiatisé tant qu’il a eu lieu. à bord d’un Boeing.

« Je suis devenu super tendu »

Certains habitués de l’avion ont été durablement affectés par les incidents qui ont marqué l’actualité. Avant, Victoire n’avait jamais peur de voler. « J’ai pris l’avion comme le métro ! Je me suis dit que c’était tellement sécuritaire qu’il ne pouvait pas y avoir de problème, explique la jeune femme de 25 ans. Maintenant que je vois qu’une porte peut se détacher en plein vol, je suis devenu très tendu. Une nouvelle crainte qui ne concerne pourtant pas uniquement Boeing, mais aussi Airbus. « C’est ma confiance dans les constructeurs en général qui est fragilisée… »

« Normalement, je n’ai pas peur des voyages en avion, mais depuis que les incidents se produisent sur les Boeing 737, j’avoue que ça me dérange un peu… » » acquiesce Pauline, particulièrement inquiète pour son mari qui doit régulièrement se déplacer pour son travail. « Je me retrouve à surveiller les horaires des vols, à consulter le site Internet de l’aéroport pour voir s’il a atterri… » Inquiète, elle commence à l’interroger sur le modèle d’avion dans lequel il embarquait avant le décollage. Pas de chance la dernière fois, la photo de l’étiquette de sécurité glissée devant son siège révèle qu’il se trouve… dans un Boeing 737 MAX d’Alaska Airlines, le même qui a perdu sa porte en vol. « Il suffit de dire que je n’ai pu m’endormir que lorsque j’ai su qu’il était arrivé sain et sauf. »

Même le ministre de l’Économie s’en est mêlé : « Je préfère désormais piloter un Airbus plutôt que piloter un Boeing, a lancé Bruno Le Maire en avril . Ma famille tient aussi à moi. Un commentaire « stupide et peu judicieux » ce qui avait rendu furieux le patron de la compagnie aérienne à bas prix Ryannair, Michael O’Leary. Il avait ensuite comparé le Français à Donald Trump. Il faut dire que la flotte de sa compagnie est entièrement composée d’avions Boeing…

Un outil pour éviter de réserver sur un Boeing

Si certaines compagnies commencent à faire pression sur Boeing et tentent de rassurer leurs clients, la plupart assurent ne pas faire face à d’inquiétude particulière de la part de leurs clients demandant un changement de vol. « Il n’y a pas de telles questions »indique notamment Transavia à Figaro. Si l’entreprise exploite uniquement des Boeing, elle « n’a pas de Boeing 737 MAX dans sa flotte », se souvient-elle. Air France, de son côté, n’a pas répondu.

Pourtant, sur les réseaux sociaux, certains passagers expliquent avoir contacté leur compagnie pour demander s’il était possible de changer leur billet pour un autre vol qui ne serait pas opéré par un Airbus. Mel, qui a par exemple fait part de ses inquiétudes à Air Transat pour un vol Montréal-Miami, explique sur Twitter que le transporteur lui a dit que son billet « ne permet pas de modification »même s’il dit « comprendre (sa) préoccupation ».

Pour les plus anxieux qui veulent à tout prix éviter Boeing, la seule solution reste de se renseigner sur le modèle d’avion qui sera utilisé pour le vol lors de la réservation des billets. Certains comparateurs de billets proposent même un filtre pour exclure les vols opérés sur un avion de l’avionneur américain. La semaine après l’incident d’Alaska Airlines, la plateforme Kayak indiquait dans la presse américaine avoir vu l’utilisation de cet outil multipliée par 15 par rapport à la semaine précédente.