« C’est symptomatique de la crise que traverse l’Éducation nationale »

QComment votent les fonctionnaires ? Comme à chaque grande élection, Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS, les a interviewés pour l’Ifop. Parmi les chiffres les plus marquants : celui du vote des enseignants (professeurs des écoles, maîtres de conférences et professions scientifiques). Près d’un sur cinq compte glisser un bulletin d’extrême droite dans l’urne lors du premier tour des élections législatives, dimanche 30 juillet. Autant qu’en 2022, mais six fois plus qu’en 2012, où ce vote culminait à 3. % ! Une évolution « peu surprenante », estime-t-il, si l’on retrace les différentes crises qui ont provoqué la fragilisation de l’Éducation nationale au cours des dix dernières années. Chiffres à l’appui, le chercheur explique les raisons de ce basculement.

Indiquer : Les enseignants sont-ils toujours un « bastion de gauche » ?

Luc Rouban : Oui, si l’on considère que près de la moitié (47%) des enseignants interrogés comptent glisser dimanche un bulletin de gauche dans l’urne. Mais ce bastion s’effrite dans la mesure où ils étaient plus de 65 % en 2007. Surtout, le vote d’extrême droite se confirme : un enseignant sur cinq (20 %) compte aujourd’hui voter pour le RN, Reconquête ! ou LR compatibles. C’est exactement le même pourcentage que lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2022. En 2012, en revanche, le Rassemblement national s’appelait encore Front national et ne recueillait que 3 % des intentions de vote des enseignants.

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