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Changement climatique |  Orages « de plus en plus intenses » en vue

Outre les nombreux dégâts matériels, que la tempête laissera Fiona sur son chemin ? Quel sera son impact sur les marées, sur la biodiversité ou sur l’érosion côtière ? Et, surtout, peut-on s’attendre à voir plus de tempêtes de cette ampleur dans les années à venir ? La presse discuter avec des spécialistes.

Posté à 12h00

Changement climatique |  Orages « de plus en plus intenses » en vue

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« C’est encore rare pour nous, ce genre de grosses tempêtes, donc nous n’avons pas encore de statistiques probantes sur leur multiplication dans le temps et leur variation. Mais on peut certainement présumer qu’elle va augmenter avec la crise climatique », explique Jean-Pierre Blanchet, professeur au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Il ajoute une précision importante : avec le changement climatique, l’eau des océans se réchauffe de plus en plus et, en même temps, l’atmosphère se refroidit. « Cela pourrait donc donner une recette parfaite pour que les ouragans soient de plus en plus intenses, quand il y en a. Ce genre d’orage se nourrit d’eau chaude, mais aussi d’une bonne circulation d’air », résume l’expert.

L’urbaniste de Vancouver Brent Toderian est d’accord. « Les gens qui se demandent encore si la crise climatique a causé ces événements météorologiques extrêmes ont mal compris, peut-être délibérément. La crise climatique, elle, rend tous ces événements météorologiques plus probables, et pires. Tout. Plus probable, et pire », a-t-il insisté samedi sur Twitter.

Après Dorien et John

l’ouragan Fionaun nom porté par deux autres tempêtes tropicales en 2010 et 2016, n’est pas sans rappeler deux autres ouragans majeurs qui nous ont également frappés : Dorienqui a durement touché le Nouveau-Brunswick en 2019, et Johnqui a fait des ravages dans l’Atlantique en 2003.

« Il y a trois ans, l’intensité de Dorien avait été inférieur à ce que nous voyons aujourd’hui, mais le rayon d’action de Dorien était aussi grande ou du moins semblable à celle de Fiona. Johnen 2003, était d’une intensité comparable, mais sa superficie était beaucoup plus petite, et elle n’a donc pas touché autant de monde », explique le météorologue d’Environnement Canada Jean-Philippe Bégin.

Selon lui, Fiona pourrait être la « plus forte tempête, à tous points de vue, en 19 ans ».

On peut imaginer que [Fiona] mettra à jour John en termes de force, mais tout cela devra être déterminé plus précisément dans les prochains jours.

Jean-Philippe Bégin, météorologue à Environnement Canada

Quel impact sur les marées ?

Avec une pression non officielle enregistrée à Hart Island de 931,6 millibars, Fiona est « la plus faible tempête jamais enregistrée au Canada », a décidé très tôt samedi le Centre canadien des ouragans (CCPO). « C’est vraiment très bas. Et cela a un impact important sur les marées », explique Jean-Pierre Blanchet. Il illustre la situation de façon très concrète. « C’est un peu comme avec un ballon. Quand on appuie des deux côtés, ça fait une bulle là où on n’appuie pas. C’est pareil pour l’océan », résume-t-il.

« Lorsque vous amenez une très faible pression, le poids de l’air est très faible, donc cela fait monter l’eau par aspiration, ce qui fait monter le niveau de manière substantielle. Avec les énormes vagues dues au vent, et les fortes précipitations, tout cela a un impact important sur les marées », poursuit M. Blanchet.

Il estime que Fiona a marqué une transition « vraiment impressionnante » de sa phase d’ouragan à celle de tempête extratropicale.

« Au départ, le système puise souvent son énergie dans les eaux chaudes de l’Atlantique, et en s’approchant des côtes canadiennes, il va plutôt se nourrir de la température de l’air, entre air froid et air chaud. Ce qui est particulier avec cette tempête, c’est qu’il gagnait en intensité à mesure qu’il se rapprochait de la Nouvelle-Écosse, alors que normalement il a tendance à dépérir dans les eaux froides », illustre le professeur de l’UQAM.


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