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Chris Dercon, un « perturbateur » à la tête de la Fondation Cartier

La Fondation Cartier, un immeuble de verre qui semble flotter sur le boulevard Raspail à Paris, a trouvé un nouveau capitaine. Jeudi 6 octobre, la plus ancienne fondation d’entreprise de France a annoncé la nomination de son nouveau directeur, Chris Dercon, aux côtés d’Hervé Chandès, qui reste directeur artistique. Dans le petit monde de la culture, l’actualité devrait faire beaucoup parler. Parce que le Belge Dercon est une référence en la matière. Il était jusqu’ici le patron de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMN-GP), une structure publique qui fédère une dizaine de musées.

Il a ainsi dirigé le Grand Palais, ce gigantesque vaisseau culturel qui accueille expositions, foires et défilés au cœur du Triangle d’Or parisien, aujourd’hui en construction, et dont la réouverture est prévue en 2024 pour les Jeux Olympiques. La même année, la Fondation Cartier doit également inaugurer ses nouveaux espaces dans l’ancien Louvre des antiquaires, en plein cœur de Paris. Un site que Chris Dercon devra désormais superviser.

Cette prise de fonction est surprenante. Pourquoi diable partir à un an de la fin de son mandat ? Sa tâche, justifie l’intéressé dans un souffle, était terminée. Les travaux du Grand Palais étaient sur les rails, et lui, assure-t-il, voulait renouer avec l’art, les artistes, les expositions… Ce qu’il omet de dire, c’est qu’en juillet 2023, il aura 65 ans, l’âge de la retraite pour les présidents des grands établissements publics. Dans une fondation, où il n’y a pas de limite d’âge, rien n’obligera cet aventurier de l’art à prendre un repos forcé.

Un macroniste convaincu

L’homme a de l’audace à revendre. Il en aura besoin pour participer, dès sa prise de fonction le 19 décembre 2022, à la bataille menée par les fondations privées pour faire rayonner l’art contemporain en France, attirant les grands noms du public (Suzanne Pagé à la Fondation Louis Vuitton et Emma Lavigne à la Collection Pinault). Il compte bien s’y jeter avec plaisir. Rien que de très normal après tout : Chris Dercon a certes passé sa vie dans le secteur public, mais il affirme, comme son ami Emmanuel Macron, « perturbateur ».

Pas plus tard qu’en janvier, il a secoué le bowling d’art français. Le Grand Palais doit sa survie économique aux expositions, défilés et foires qu’il accueille. Notamment la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) qui, pendant un demi-siècle, a fait vibrer la capitale. En décembre, sans prévenir, il lance un appel à la concurrence sur ce créneau. Les commerçants parisiens tremblent d’inquiétude. Les professionnels de l’événementiel expriment leur colère. Mais l’Elysée et le ministère de la Culture rejoignent ses arguments. Si Paris veut profiter du déclin de Londres depuis le Brexit, insiste-t-il, si elle veut s’imposer comme le fief du soft power, a fortiori avant les JO, elle doit nouer une alliance avec les meilleurs, même s’ils sont suisses. (Art Basel est né à Bâle, avant de s’étendre à Miami et Hong Kong).

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