comment protéger son jardin, sans utiliser de produits trop toxiques

Le printemps est bien là (même si les températures nous font en douter), et avec le printemps et l’arrivée des beaux jours, la floraison dans les jardins, mais aussi l’arrivée de petites bestioles, pucerons et autres limaces, qui s’attaquent aux plantes et provoquent les premiers les salades disparaissent. Le magazine 60 millions de consommateurs ce mois de mai, compare 40 produits, mais pas n’importe lesquels, uniquement ceux que les jardiniers amateurs peuvent utiliser.

franceinfo : La réglementation est-elle stricte sur ce point ?

Sylvie Metzelard, rédactrice en chef de 60 millions : Oui, les jardiniers amateurs ne peuvent utiliser que des produits portant le label EAJ (pour Authorized Use in Gardens). Cela correspond à des produits qui ne sont pas des produits phytopharmaceutiques de synthèse.

Cela inclut les produits dits « à faible risque », comme le phosphate ferrique par exemple, pour lutter contre les escargots et les limaces ; ce sont aussi les produits inscrits sur une liste dite de « biocontrôle », qui comprend notamment des phéromones, des micro-organismes (bactéries, champignons, etc.) et diverses substances naturelles, dont des huiles essentielles ou de l’huile de colza, ou des insecticides chimiques d’origine naturelle. origine.

Et puis, il y a des règles à respecter aussi lors de l’utilisation de ces produits…

Oui, même s’ils sont d’origine naturelle. Par exemple, il est interdit de les utiliser à moins de 5 mètres d’un point d’accès à la nappe phréatique, et ils ne doivent pas être déversés dans des regards, caniveaux, canaux, fossés, étangs ou bassins de rétention des eaux pluviales.

Eh bien, la première leçon de votre enquête, c’est que les principes actifs sont souvent les mêmes ?

Oui, et ce n’est pas très surprenant car développer de nouveaux principes actifs innovants coûte extrêmement cher, sans parler des procédures d’approbation, avant autorisation de mise en vente, qui peuvent être longues.

Cela signifie-t-il que cela ne vaut pas la peine d’acheter des produits différents, même si l’emballage indique des spécifications différentes ?

C’est tout à fait vrai. Un produit anti-insectes multi-usages de notre test a par exemple exactement la même composition qu’un produit anti-pucerons et un autre produit anti-cochenille de la même marque.

Mais les produits que vous avez testés fonctionnent-ils tous de la même manière ?

Non, certains produits agissent en tuant les petits animaux, en bloquant leur système nerveux ou en les collant, par exemple. D’autres les éloignent. Il existe également des petites créatures qui se délectent des autres, comme les coccinelles – et surtout les larves de coccinelles – que l’on peut acheter pour lutter contre les pucerons ou les cochenilles. Ou encore les petits vers nématodes contre les chenilles des vergers.

Bon mais le problème c’est qu’on a beau vouloir se débarrasser de certains insectes mais en protéger d’autres, est-ce que ces produits représentent un danger pour les abeilles par exemple ?

De nombreux produits ne sont pas sélectifs pour un attaquant donné. Vous pouvez éliminer les limaces avec des produits à base de phosphate de fer par exemple, mais aussi, dans une moindre mesure, tuer les vers de terre, importants pour l’équilibre des sols de vos plantations.

Les huiles qui obstruent et tuent les cochenilles et les pucerons, ou les pyréthrines qui perturbent le système nerveux des insectes, peuvent également être mortelles pour tous les insectes pollinisateurs, y compris nos bien-aimées abeilles.

Et pour les humains, faut-il les manipuler avec précaution ?

Oui, les pyréthrines ne sont pas totalement sans danger pour l’homme, mais c’est plutôt léger car pour les jardiniers amateurs, les pyréthrines de synthèse ne sont pas autorisées.

La question que l’on se pose évidemment est l’efficacité de tous ces produits, votre test est-il concluant ou non ?

La plupart du temps, les produits ont de bonnes chances d’être efficaces s’ils sont utilisés de la manière recommandée par les fabricants. A condition de mettre la bonne dose, au bon endroit et au bon moment.

Avant d’acheter un produit, que faut-il rechercher en premier sur l’étiquette ? Les informations sont-elles toujours correctement écrites ?

Il faut regarder les composants. Si les substances actives sont identiques dans deux produits, cela ne sert évidemment à rien d’opter pour le plus cher. Si vous êtes sensible à la biodiversité, mieux vaut ne pas utiliser de produits à base de pyréthrines ou d’abamectine, et utiliser ceux à base de pétrole, au cas par cas. Pas besoin d’acheter plusieurs produits pour repousser différents insectes lorsqu’ils ont la même composition.

Et en termes de prix, un produit cher est-il forcément synonyme de meilleure efficacité ?

Non non. Les prix sont à peu près les mêmes ailleurs. Il faut juste savoir que les produits dits de biocontrôle comme les nématodes ou les coccinelles sont plus chers mais cela vaut peut-être le coup d’essayer !