Comment se déroulera la traversée de la Méditerranée de la flamme olympique à bord du « Belem », jusqu’à son arrivée à Marseille ?

Le symbole olympique embarque sur le célèbre voilier samedi à Athènes, pour un voyage de 12 jours. L’arrivée du « passager le plus important » de l’histoire du navire a été soigneusement préparée.

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Le bateau

L’embarquement est imminent. Allumée le 16 avril à Olympie, la flamme olympique achève son voyage à travers la Grèce et s’apprête à être officiellement remise à la France vendredi 26 avril au Stade panathénaïque d’Athènes. Après une nuit à l’ambassade de France, la flamme embarquera samedi sur le Belém, célèbre trois-mâts est arrivé mercredi dans le port du Pirée. Le voilier entamera ensuite une croisière de 12 jours en Méditerranée jusqu’à Marseille, où la flamme sera accueillie en fanfare le 8 mai.

A bord, la torche sera bien entourée, puisque 16 membres d’équipage et 48 stagiaires participeront au voyage. « (La flamme) sera le 65ème passager », plaisante auprès de franceinfo Christelle de Larauze, déléguée générale de la fondation Belem Caisse d’Epargne, qui veille sur le navire. Le symbole olympique sera bien gardé car « la flamme sera dans une lanterne »explique Delphine Moulin, directrice des célébrations de Paris 2024, à 20 minutes.

Le navigateur Armel Le Cleac'h pose à Paris, le 8 avril 2024, avec la lanterne qui transportera la flamme olympique d'Athènes à Marseille, puis lors de la

Ces lanternes, les mêmes que celles utilisées dans chaque édition, « constituer un symbole de la pérennité du relais »détaille le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) à franceinfo. « Dans les airs, sur la mer ou sur la route, ils restent allumés grâce à un fioul spécifique, et permettent de transporter la flamme sur de longues distances et de la préserver des diverses conditions ».

Conservé dans la plus belle pièce du bateau

Sur le navire, la localisation de la flamme a fait débat. Où le déposer ? Comment le surveiller et le sécuriser ? Toutes les précautions ont été prises pour que le Belémconstruit en 1896, année de création des Jeux Olympiques modernes, n’a subi aucun dommage. « La flamme sera stockée dans une lanterne et sera gardée. Il n’y aura aucun risque »» a rassuré l’un des deux commandants du navire, Mathieu Combot, début avril sur France Inter.

C’est le grand toit qui a été choisi pour accueillir le prestigieux passager. Ce salon sert de salle de briefing pour les instructions de navigation lorsque le voilier est en mer, et de salle de réception lors des escales. Conçu pour le duc de Westminster, qui a acquis le navire au début du XXe siècle, il a été rénové en 2018, détaille Ouest de la France. « Nous avons opté pour la plus belle partie du bateau, elle est très emblématique », explique Christelle de Larauze. Mais durant les 12 jours et les 2 000 km de traversée, la flamme n’y restera pas cloîtrée.

« On ne peut s’empêcher de le déplacer, vers le petit rouf, vers le bureau du commandant… L’idée est de le faire rayonner dans tout le navire. »

Christelle de Larauze, déléguée générale de la fondation Belem Caisse d’épargne

sur franceinfo

Liberté est donc accordée à l’équipage pour porter la flamme du pont jusqu’aux voiles. Interrogé par Ouest de la Francele deuxième commandant de cette expédition, Aymeric Gibet, s’y voit déjà : « Contempler la flamme olympique à 2 heures du matin, dans le noir, isolé du monde, en pleine mer, sur un bateau vieux de 127 ans… ». Seul impératif : il ne doit jamais s’éteindre.

Selfies et surveillance assidue

« C’est une opportunité, ou une responsabilité, je ne sais pas »s’amuse Christelle de Larauze, qui voit dans le choix de Belém transmettre la flamme « une récompense pour un travail effectué depuis plus de dix ans » à la tête de la fondation. «C’est notre consécration, une fierté, assure-t-elle, car c’est la reconnaissance par la France du travail mené pour préserver ce monument historique »qui notamment défilé lors du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en 2012. La traversée qui commence samedi est « sûrement le moment le plus important de l’histoire du navire », admet-elle. Pas question donc de lésiner sur la sécurité, notamment sur le principal danger sur un tel navire, le risque d’incendie, face à « chaque membre de l’équipage est formé »précise le délégué général.

La lanterne sera positionnée sur un socle sur lequel veilleront trois gardiens de la flamme, entraînés par Paris 2024. « Ils ont pour instruction de préserver ce feu », résume Christelle de Larauze. Membres à part entière de l’équipage de conduite, ils surveilleront à tour de rôle la lanterne 24h/24. Seront également à bord quatorze jeunes Français âgés de 16 à 24 ans en cours d’insertion, sélectionnés par les caisses d’épargne régionales, ainsi qu’un jeune marseillais et un autre grec.

« Bien sûr, il y aura des selfies »promet le directeur de la fondation. « J’aimerais que chacun puisse s’approprier un peu, avoir la possibilité d’un moment d’intimité. Il faut donc qu’il soit visible par tous autant que possible. »acquiesce le commandant Aymeric Gibet dans Ouest de la France.  » Finalement, cette flamme est très grande et très petite, elle n’est pas très spectaculaire quand on la regarde, contrairement à son symboleconclut Christelle de Larauze. Mais c’est probablement le passager le plus important que nous aurons transporté. »