Skip to content
COP15 de la biodiversité : au Canada, le caribou, un emblème en danger


Les Aînés racontent qu’enfants, ils se perchaient dans les arbres pour compter les caribous qui passaient sous les branches. Aujourd’hui, les jeunes Anishinabe de la Première Nation du Lac-Simon – une communauté algonquine de 2 300 personnes établie près de Val-d’Or en Abitibi-Témiscamingue, une région située au nord-ouest du Québec –, ne connaissent pas d’animal qui jouait un rôle nourricier, culturel et rôle spirituel pour leurs ancêtres, que le dessin coloré qui sert aujourd’hui de logo à l’organisation autochtone locale créée pour sa défense.

COP15 de la biodiversité : au Canada, le caribou, un emblème en danger
COP15 de la biodiversité : au Canada, le caribou, un emblème en danger

Le caribou boréal, ce cerf au museau large et aux bois étroits, a parcouru les forêts du nord du Canada pendant des milliers d’années. Depuis vingt ans, le troupeau a perdu un tiers de ses individus. Se déplaçant lentement vers le nord, il occupe maintenant une bande de forêt de quelques centaines de kilomètres de haut, de la province du Yukon aux confins de Terre-Neuve-Labrador, entre le 49e et 55e parallèles de latitude nord. Malgré son inscription en tant qu’espèce « menacé » par le Canada depuis 2003, à celle de « espèces vulnérables » par la législation québécoise en 2005, le caribou poursuit sa lente extinction : on le retrouve plus souvent sur les pièces de monnaie canadiennes de 25 cents, dont il est l’emblème, que dans les forêts du pays.

Au Québec, un recensement datant de 2012 ne comptait que 6 000 à 8 500 individus. Des troupeaux concentrés dans l’extrême nord de la province et quelques troupeaux isolés, aujourd’hui menacés d’extinction. Celles du caribou dit « de montagne » en Gaspésie, « forestiers » dans le Massif de Charlevoix au nord-est de Québec, et enfin à Val-d’Or, sur le territoire ancestral des Anishinabe. De ce troupeau d’environ quatre-vingts animaux jusqu’aux années 1950, tombé à une cinquantaine d’individus il y a vingt ans, il ne reste aujourd’hui que neuf survivants, cinq mâles et quatre femelles.

Un habitat réduit

Sur la réserve de la Première Nation du Lac-Simon, Ronald Brazeau, chemise de bûcheron, queue de cheval et casquette, consacre son temps à essayer d’empêcher que ce maigre troupeau ne soit rayé de la carte.

Dans son bureau de directeur du développement des ressources naturelles, qu’il occupe au sein de sa communauté, il croque à grands traits sur un tableau blanc l’histoire du caribou de Val-d’Or : un territoire d’origine de quelque 13 000 kilomètres carrés, couvert de lacs et des forêts denses, où les animaux trouvaient beaucoup de lichens pour se nourrir. Une surface que le chef autochtone a hachurée de larges traits rouges, du nord au sud, d’est en ouest, pour représenter les multiples chemins forestiers qui la traversent désormais.

Il vous reste 71,55% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.


zimonews Fr2En2Fr

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.