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Coût élevé des repas du gouverneur général |  Les processus seront examinés par des fonctionnaires

(Ottawa) Des fonctionnaires d’Affaires mondiales Canada ont été chargés de revoir les processus en place pour s’assurer que les repas servis sur les vols nolisés pour les hauts fonctionnaires ne coûtent pas un bras et une jambe comme ce fut le cas lors d’un voyage au Moyen-Orient par le gouverneur général.

Publié à 20h16

Michel Saba
La Presse Canadienne

« Nous sommes tous d’accord que certains éléments relatifs aux frais de vol sont problématiques […] et c’est pourquoi nous avons déjà commencé à mettre en place un groupe de travail pour examiner les processus », a déclaré le chef du protocole du Canada, Stewart Wheeler, lors d’une comparution jeudi devant le comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires.

M. Wheeler répondait à une question de la deuxième vice-présidente du comité, le Bloc Québécois Julie Vignola, qui se demandait si « diplomatiquement parlant, il n’est pas question » ou non de prévoir des repas « froids, transportables », sans aller jusqu’au « non sandwichs en croûte avec des cretons à la moutarde ou du beurre de cacahuète à la banane ».

D’autres députés se sont jetés dans la mêlée, soulignant à chaque fois leur indignation face aux révélations selon lesquelles la facture de certains repas servis à bord de l’avion gouvernemental transportant le représentant de la Reine avait été de plus de 80 000 $, soit des déjeuners et dîners à 350 $ par personne selon les calculs de le Bloc Québécois.

Le vice-président libéral de la commission, Majid Jowhari, a par exemple suggéré qu’un plafond soit établi sur les dépenses par repas sur les vols, rappelant au passage que les députés doivent eux-mêmes respecter les indemnités journalières.

« C’est précisément le type de drapeaux que j’aimerais que notre équipe développe », a répondu le chef du protocole à un autre adjoint qui avait une demande similaire.

Les repas servis sur les vols qui ont suscité la polémique n’avaient pas de quoi lever des « drapeaux », a insisté Christine MacIntyre du Bureau du secrétaire du gouverneur général, qui était elle-même sur un vol. « Les coûts nous ont tous choqués. On nous a servi des œufs, des omelettes », a-t-elle déclaré.

Mmoi MacIntyre elle-même a mentionné qu’il n’est pas nécessaire de servir des repas sur « un petit vol, un vol d’une heure et demie ».

pas si simple

Les membres ont appris par leurs questions que la défense nationale a souvent peu de marge de manœuvre pour commander des repas, malgré le fait qu’Affaires mondiales Canada ne demande que des plats « standard » comme ceux servis. sur les vols commerciaux.

Il est courant que dans les aéroports où atterrissent les avions du gouvernement, il n’y ait qu’un seul traiteur disponible. Ce type de « monopole » empêche la négociation, a expliqué le lieutenant-général Eric Kenny, commandant de l’Aviation royale canadienne.

C’est son organisation qui a notamment pour mission d’assurer la sécurité des déplacements des « VVIP », des personnes « très, très importantes » ou « des personnes très, très importantes », a-t-il évoqué.

De plus, les coûts associés à la nourriture elle-même ne représentent qu’une fraction de la facture. Il y a des coûts supplémentaires pour la manutention et la livraison, le stockage, le nettoyage et la gestion des déchets alimentaires, a indiqué le haut responsable, ajoutant que ces coûts sont facturés quel que soit le nombre de passagers sur le vol.

Malgré les réticences du lieutenant général dues au fait que les coûts ne seraient pas détaillés par les traiteurs, de nombreux élus lui ont demandé de fournir au comité les menus et le décompte des dépenses.

Le gouvernement canadien économise maintenant de l’argent en réduisant le nombre de repas excédentaires commandés pour donner le choix aux passagers. La proportion a été ramenée à 65 % en 2019 puis à 20 % après les révélations de juin, a indiqué le lieutenant-général Kenny en réponse à une question du député conservateur Pierre Paul-Hus.

Il a été mentionné que les repas servis aux passagers sont les mêmes que ceux de l’équipage puisque c’est plus simple en terme de logistique, mais que ces derniers sont servis parmi ce qui reste.

Tout en précisant que déterminer la quantité à commander est « un art », selon le chef du protocole, il a noté qu’une des conclusions des discussions était qu’il est possible que « tout le monde mange la même chose », sauf ceux qui ont restrictions diététiques. C’est ce qui se serait passé lors du déplacement à Londres pour les funérailles de la reine la semaine dernière.

M. Wheeler a également déclaré qu’« à aucun moment du processus » le gouverneur général ne révise les menus qui sont servis.

La convocation du représentant du gouverneur général et du ministère de la Défense nationale est le fruit d’une initiative du Bloc québécois.

Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a déclaré jeudi que sa formation entendait mettre en place une « stratégie » pour « faire une dénonciation en règle de la monarchie », le gouverneur général étant, selon lui, un autre exemple d’« un brevet de ‘un autre millénaire qui ne devrait pas exister’.


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