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Daniil Medvedev et le moment présent

Il est vrai qu’il est parfois complexe et périlleux de calculer les points du classement et de faire des hypothèses sur l’éventuel numéro 1 la semaine prochaine.

Le Russe, qui ne peut jouer sous ses couleurs depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, ne veut pas quitter son trône rapidement, mais il laisse les calculs aux journalistes.

Il est concentré sur la victoire. A Los Cabos, pour son premier tournoi depuis la mi-juin, et premier tournoi sur surface dure depuis Miami, le gros droitier n’a pas cédé un seul set à ses rivaux, s’octroyant même un bagel en finale, remporté 7- 5 6-0 contre le Britannique Cameron Norrie, qui a battu Félix Auger-Aliassime en demi-finale.

Je suis très confiant et le tournoi de Los Cabos est exactement ce dont j’avais besoin, a expliqué Medvedev. C’est bien de revenir dans le dur et de savoir où l’on se situe parmi les meilleurs joueurs. Je me sens bien pour l’avenir.

Dans un français aux accents du sud de la France, Medvedev a répondu avec sourire et ouverture aux questions des journalistes lors du point de presse.

Nous assistons à une sorte de Marcel Pagnolisation de Medvedev a écrit un collègue imaginatif qui ne sera pas nommé sur Twitter.

Le champion en titre du tournoi et finaliste à Montréal en 2019 a dû composer avec une pause inhabituelle dans son horaire avec le bannissement des Russes et des Biélorusses du tournoi de Wimbledon.

Il ne voulait pas non plus ruminer trop longtemps la décision de la fédération anglaise. Il ne pouvait pas le changer. Il devait suivre les règles.

Ne vous concentrez pas uniquement sur les mauvais côtés. C’est ce que je voulais jouer.

Wimbledon, je voulais bien jouer là-bas, je veux faire les gros tournois, mais il ne faut pas rester dans un mauvais état d’esprit. J’ai pris du temps pour bien préparer la tournée nord-américaine, ce que je ne peux pas faire d’habitude. Je me sens donc à 100% physiquement et mentalement pour gagner des titres.

Il a pris quelques jours de repos à Majorque, puis chez lui à Monaco, avant de reprendre l’entraînement. Il n’a pas travaillé sur quoi que ce soit en particulier techniquement. À son âge, dit-il, le travail le plus important est le travail physique.

La vie sans les Big 3

Le nouveau numéro un mondial s’habitue à la vie au sommet et aux interrogations sur l’absence des ténors comme Nadal, Djokovic et Federer des grands tournois. Pour lui, cela ne change pas grand-chose à son jeu.

Quand il y a des gros tournois, j’ai toujours dit qu’ils étaient les favoris, mais pour moi ça ne change rien parce que tu joues un tournoi, tu veux le gagner. Bien sûr, c’est agréable de battre les plus grands joueurs du monde, c’est toujours une bonne sensation. Après, l’important est de gagner le tournoi. La coupe ne change pas selon contre qui vous la gagnez. Rafa ou Novak en finale est toujours un défi, mais sinon, vous voulez toujours gagner le tournoi.

Et son approche ne change pas s’il affronte une légende ou une étoile montante. Le contexte dicte l’approche mentale et sa préparation. Il a cité en exemple sa finale perdue contre Novak Djokovic en Australie en 2021. Il était pourtant plein de confiance, avec une série de 21 victoires.

J’avais fait la routine que je fais habituellement et Novak avait gagné facilement, a expliqué Medvedev. Après le match, je me suis demandé comment c’était possible. J’allais si bien, mais finalement il me manquait quelque chose.

Quand nous sommes arrivés à la finale de l’US Open, j’étais prêt à 300 %. Ce n’est pas seulement grâce à ça que j’ai gagné, mais j’étais beaucoup plus prêt. Il faut prendre tous les matchs au sérieux, car tous les joueurs sont forts. Mais cela dépend aussi de qui vous jouez et du moment du tournoi. Vous ne pouvez pas avoir cette approche au 3e tour d’un tournoi, sinon vous vous épuiserez à trop réfléchir.

Aujourd’hui, il est à la fois l’homme à battre et le leader de la meute des jeunes qui aspirent au sommet de la hiérarchie. Medvedev jouera son premier match mercredi et il pourrait avoir les mains pleines.

L’Australien Nick Kyrgios, vainqueur dimanche du tournoi de simple et de double à Washington, pourrait bien être son adversaire.

En deuxième tour, on aurait vu pire. Sortez le pop-corn.

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