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dans son nouveau livre, Frédéric Lenoir nous emmène à la rencontre d’Homo Spiritus

Chaque jour, une personnalité s’invite dans l’univers d’Élodie Suigo. Jeudi 26 octobre 2023 : le philosophe et sociologue, Frédéric Lenoir. Il vient de publier « L’Odyssée du Sacré », aux éditions Albin Michel.

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue et écrivain. Il est un fervent défenseur de la nature, de la préservation de notre planète et des animaux. Sa vision du monde a déjà donné lieu à plus de cinquante ouvrages traduits en vingt langues. Au total, il a déjà vendu plus de sept millions d’exemplaires de ses livres.

Il vient de publier L’Odyssée du sacré édité par Albin Michel. Plus de 500 pages pour nous raconter l’histoire de l’évolution d’Homo sapiens. Il dit qu’à travers notre attirance et donc notre peur pour la nature, nous avons développé depuis très longtemps un profond questionnement sur l’énigme de notre apparition sur terre et de l’existence. Cela a contribué, entre autres, à mettre le mot « sacré » au cœur de nos vies. Ce sacré a donné lieu à une transformation essentielle : Homo sapiens est devenu Homo spiritus avec la naissance de grands courants spirituels et religieux.

franceinfo : Ce livre représente plus de 35 ans de recherche. Vous n’avez jamais cessé de remettre en question la spiritualité et le phénomène religieux.

Frédéric Lenoir : Oui, c’est quelque chose qui me passionne et je le fais d’un point de vue philosophique. J’essaie de réfléchir à l’émergence du phénomène religieux, à la raison pour laquelle Homo sapiens est aussi Homo spiritus. C’est-à-dire qu’il a toujours manifesté une dimension spirituelle unique par rapport aux autres animaux. L’être humain, sapiens, est le seul à accomplir des rituels funéraires en associant des symboles à la mort. C’est le seul animal qui dialogue avec l’invisible. On se demande pourquoi il a cette dimension, d’où vient-il ? Toute une partie du livre est donc une réflexion sur cette particularité de l’être humain. Et puis, la partie la plus importante, c’est cette fresque où l’on passe de la Préhistoire à nos jours pour comprendre cette remise en question du sacré, cette intégration spirituelle et voir toutes les formes qu’elle va prendre, toutes les métamorphoses du sacré au fil des millénaires.

Quand on regarde les préceptes de la philosophie, on a toujours en tête, en fin de compte, le cogito ergo sum de Descartes, donc l’esprit cartésien, l’esprit logique. Et enfin, il est difficile de trouver une logique dans une religion, dans une croyance ou dans une spiritualité.

En fait, les religions sont basées sur des croyances et c’est la différence avec les philosophies basées sur la raison. On peut questionner philosophiquement les croyances et les religions et tenter de comprendre comment elles se sont développées, dans quels contextes et aussi les problèmes qu’elles posent. J’essaie de distinguer plusieurs choses : le sacré qui, je pense, est le plus universel. C’est un sentiment, le sacré, devant le mystère de la vie et du monde, devant la beauté puis la peur que l’on ressent devant la force de la nature. Et du sacré naîtront plusieurs choses. Tout d’abord la spiritualité, qui est la quête individuelle que chacun peut ressentir. Vous pouvez être athée, croyant, matérialiste, spiritualiste, peu importe, vous pouvez avoir une quête spirituelle. Et puis, à côté de ça, il y a la religion. Et la religion est la forme collective du sacré et cette dimension collective peut effectivement devenir dogmatique, lourde. Elle peut donner lieu à des formes très avancées de mysticisme, d’aide humanitaire, etc.

« La religion peut apporter le meilleur et le pire, mais elle a une fonction essentiellement sociale, elle crée du lien. Aucune civilisation ne s’est construite sans religion. »

Frédéric Lenoir

sur franceinfo

C’est grâce à Platon que vous entrez dans cet univers de la philosophie. C’est ton père qui te tend Festin.

J’avais 13 ans.

Que vous a-t-il transmis ? On a le sentiment qu’il nous a aussi donné une perspective sur le monde, une envie de mieux le comprendre.

Oui, je pense que c’était quelqu’un de passionné de philosophie, alors il m’a transmis ça. Et puis, c’était quelqu’un de très engagé socialement. Il fut secrétaire d’État chargé de l’Action sociale sous Valéry Giscard d’Estaing. Il a voté toutes les lois sociales en faveur des handicapés, des personnes âgées, etc. Il m’a donné un sentiment d’engagement, c’est pourquoi j’ai également créé pas mal d’associations.

Ce n’est donc pas un hasard si vous êtes président de l’association SavoirÊtre et Vivre Ensemble (SEVE) qui a en effet créé des ateliers de pratique de la méditation et de la philosophie pour les enfants et adolescents. Nous nous adressons vraiment aux jeunes. Cela signifie-t-il qu’ils sont notre avenir ?

J’ai réalisé que les enfants avaient besoin de philosopher très tôt et qu’on peut, dès l’âge de six ou sept ans quand les enfants sont déjà en questionnement, cultiver ce questionnement. Et ces ateliers de philosophie permettent aux enfants de développer leur esprit critique, de s’écouter, de dialoguer, de construire des raisonnements ensemble et je crois que pour nos démocraties, nous en avons vraiment besoin.

Vous écrivez qu’il y a une révolution du transhumanisme et de l’intelligence artificielle. Le désenchantement est un réenchantement du monde, une urgence de vie intérieure et de spiritualité. Alors, où va le monde ?

« Redécouvrir le sens du sacré nous aidera à faire les bons choix par rapport à toutes ces avancées technologiques qu’il nous faut maîtriser. »

Frédéric Lenoir

sur franceinfo

Nous sommes confrontés à des défis sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Le défi écologique n’a jamais eu lieu. Le fait que nous soyons tous connectés numériquement n’est jamais arrivé. Et le transhumanisme, la possibilité de nous rendre éventuellement immortels ou l’intelligence artificielle fusionnant notre intelligence avec celle des machines ne se sont jamais produits non plus. Face à tous ces défis, je ne dis pas qu’il faut arrêter le progrès technologique, etc. Je dis qu’il faut plus de sensibilisation. C’est ce que Bergson a dit, il a dit : « Face à un monde aussi technologique, il nous faut un supplément d’âme« . Eh bien, je pense que nous avons besoin d’un supplément d’âme au sens de la spiritualité.

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