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De Nadar à Valérie Belin, la BnF expose enfin sa large collection de photographies noir et blanc


On l’attendait au printemps 2020 au Grand Palais. Après diverses péripéties liées à la pandémie de Covid, la grande exposition sur la photographie noir et blanc ouvre enfin ses portes à la BnF (jusqu’au 21 janvier 2024)

À partir de 1849, la photographie entre à la BnF, qui accorde toujours une attention particulière au noir et blanc, même lorsque la couleur commence à dominer. C’est à partir de sa collection qu’elle a imaginé une exposition qui révèle et explore toutes les possibilités esthétiques de la photographie monochrome à travers 300 images de 206 artistes de toutes époques et de tous horizons.

L’exposition était prévue au printemps 2020 au Grand Palais. Premier confinement. Reporté à l’automne, il était accroché et prêt à accueillir le public. Deuxième confinement. Très, très peu de gens l’avaient vu, du contenu en ligne était publié. Finalement, il a été officiellement annulé en janvier 2021, le Grand Palais devant fermer pour travaux. Ça y est, l’exposition Le noir et blanc, une esthétique de la photographie a ouvert ses portes, cette fois à la BnF. Chez moi en quelque sorte. Car il est entièrement constitué d’images issues de la collection de la Bibliothèque nationale de France.

C’est « une exposition qui explore le noir et blanc à partir de ses principales lignes esthétiques et thématiques », explique Héloïse Conésa, responsable du département photographie au département Estampes et Photographie de la BnF et co-commissaire de l’exposition avec Sylvie Aubenas, Flora Triebel et Dominique Versavel. Une exposition qui n’est possible que grâce à la taille de la collection de la BnF, plus de 7 millions d’images provenant de plus de 10 000 photographes. Il présente à la fois des photographies de mode et des photographies d’auteur.

L’idée de cette exposition est née d’une discussion entre la BnF et la direction culturelle du Grand Palais en vue de présenter à un large public une anthologie de cette collection, explique Sylvie Aubenas, directrice du département Estampes et Photographie. . Une collection « extrêmement vaste, s’étendant des débuts de la photographie à aujourd’hui »précise-t-elle.

Le « vrai » langage de la photographie

« Il nous fallait un sujet, ou un point fort, un fil conducteur de notre collection, c’est l’attention que nous avons toujours portée au noir et blanc », explique Sylvie Aubenas. Avant l’invention de la couleur par les frères Lumière en 1904, la photographie était monochrome. Le noir et blanc n’a pas disparu avec l’invention de la couleur. Même dans les années 1960 et 1970, lorsque la couleur est devenue à la mode. Nous continuons à travailler en noir et blanc, parfois pour des raisons économiques : il est moins cher d’imprimer soi-même ses photos, ce qui est possible en noir et blanc, très compliqué en couleur.

Mais au-delà de cet aspect économique, « Certains photographes considèrent que le véritable langage de la photographie, son esthétique, sa manière de ne pas être un pur enregistrement du monde extérieur, est le noir et blanc. Avec la distance et l’intemporalité qu’il procure »souligne Sylvie Aubenas, citant Henri Cartier-Bresson comme « l’un de ceux qui l’ont le mieux exprimé. »

Gustave Le Gray.

Parallèlement, le conservateur Jean-Claude Lemagny est chargé en 1968 de s’occuper de la photographie à la BnF. « Il a accompagné cette remise en question du noir et blanc et a encouragé les photographes à travailler en noir et blanc. Nous avons donc été à un moment donné acteurs d’une histoire qui a commencé avant nous et qui se poursuit aujourd’hui. »

L’exposition n’est pas chronologique mais procède par focus, autour de la lumière, du contraste, de la nuit… Mais elle s’ouvre sur une première salle consacrée à la photographie avant 1904, « une petite anthologie de ce qu’était le noir et blanc avant l’apparition de la couleur ». Avec une magnifique vague de Gustave Le Gray, tirage de 1857 viré à l’or, réalisé à partir de deux négatifs. Ou encore deux magnifiques portraits de Sarah Bernhardt, encore jeune inconnue, par Nadar. Un grand négatif papier où l’inversion des valeurs nous fait imaginer un tronc d’arbre éclairé la nuit, du Britannique Benjamin Brecknell Turner (1852-1854). Et puis les six tirages de Zola, photographe amateur, d’un portrait de ses enfants, sur différents papiers. « C’est passionnant, cela montre qu’à partir d’un même négatif, de nombreuses interprétations sont possibles, et que ce travail sur les estampes a existé très tôt », commente Sylvie Aubenas.

Contraste

Une section souligne le contraste apporté par le noir profond des sels d’argent et le blanc du papier baryté, devenu incontournable au XXe siècle : blanc d’une nappe dans un café sombre de Bernard Plossu, grands visages sculpturaux de Valérie Belin. Un contraste qui est exacerbé dans la photographie de neige, un exercice délicat mais apprécié des photographes. Un contraste qui peut confiner au dessin, avec la ronde des curés de Mario Giacomelli (1961-1963).

Alexandre Rodchenko,

La photographie est conditionnée par la lumière. Les photographes jouent avec les ombres, les contre-jours, les rayons et les motifs qu’ils forment, structurant l’image. De L’ombre d’un porche (1916), Paul Strand réalise une abstraction géométrique, Alexandre Rodchenko plonge son Jeune fille avec Leica (1934) en damier noir et blanc. Un kayak blanc sur une eau très sombre, pris d’en haut par Ray Metzker, devient lui aussi presque abstrait.

Impossible au XIXème siècle, les négatifs n’étant pas assez sensibles, la photographie de nuit devient à partir de 1920 un autre sujet de prédilection des artistes qui en captent la violence (Wee Gee à New York dans les années 40) ou la poésie (une Tour Eiffel illuminée par Ilse Bing, toute petite ensuite à une cheminée au premier plan). Éléonore (1949), la femme de Harry Callahan, nue, au loin, toute petite, est comme un point lumineux dans l’obscurité.

Noir, blanc et gris

Si William Klein, qui a si bien rendu l’effervescence du New York des années 1950, avait opté pour des contrastes forts, le noir et le blanc sont aussi du gris, toutes les nuances de gris. « Il y a des sujets où il n’y a même que ça », a déclaré le photographe français Emmanuel Sougez.

Mario Giacomelli,

Et les commissaires de l’exposition ont eu la brillante idée d’imaginer ce qu’ils ont appelé un « nuancier » : une installation d’une cinquantaine d’images d’artistes d’horizons et d’époques différents qui courent dans un décor unique autour d’une grande salle, du plus blanc au plus noir incluant toutes les nuances de gris. D’une bouteille de lait sur fond blanc de Rossella Bellusci (1988) à un paysage très très sombre de Jun Shiraoka où l’on croit apercevoir une barrière au-dessus de l’eau.

 » Entre les deux nous avons voulu souligner la présence des demi-teintes, du gris qui est une composante essentielle de la création en noir et blanc, et ce déploiement nous permet d’insister sur la puissance de ces demi-teintes qui permettent le meilleur rendu de la matière. , effets de relief et de texture », explique Héloïse Conésa.

« Le noir et blanc, une esthétique pour la photographie »
BnF – François Mitterrand
Quai François-Mauriac, Paris 13e
Du mardi au samedi de 10h à 19h, dimanche de 13h à 19h, fermé les lundis et jours fériés
10€ / 8 € (billet couplé pour deux expositions, 13 € / 10 €)
Du 17 octobre 2023 au 21 janvier 2024

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