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Décès d’un signaleur sur un chantier |  Le coroner demande à Québec de mettre en place plusieurs mesures

Même s’il s’agit d’un décès « accidentel », le décès du signaleur routier Pascal Cauchon, survenu il y a près d’un an jour pour jour sur un chantier du Centre-du-Québec, appelle une série d’« interventions » pour assurer la sécurité de ces travailleurs, juge le Bureau du coroner dans un rapport rendu public jeudi.

Publié à 10h49

Décès d’un signaleur sur un chantier |  Le coroner demande à Québec de mettre en place plusieurs mesures

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« Il est impératif que nous mettions en branle toutes les interventions – ministère, police, médias et tous les travailleurs – qui pourraient réduire tous les risques. M. Pascal Cauchon, je le répète différemment, n’a pas eu à perdre la vie à son travail. J’espère que sa mort servira au moins à protéger la vie et l’intégrité de ceux qui restent et qui seraient susceptibles de se trouver dans une situation similaire », a écrit M.et Yvon Garneau dans son rapport.

Le 8 avril, un camion de type « train routier » a percuté deux travailleurs sur un chantier de construction, après avoir percuté un véhicule atténuateur d’impact, à Saint-Cyrille-de-Wendover, sur l’autoroute 20. Pascal Cauchon, un agent de la circulation de 39 ans signaleur, avait perdu la vie. Un autre ouvrier a également été blessé. Les deux hommes installaient des panneaux sur l’accotement de l’autoroute lorsque la tragédie s’est produite.

Décès d’un signaleur sur un chantier |  Le coroner demande à Québec de mettre en place plusieurs mesures

PHOTO FOURNIE PAR CNESST

La scène de l’incident.

Dans son rapport, le coroner note qu’une surveillance policière lors des travaux d’installation de la signalisation « aurait été une mesure efficace pour s’assurer que les installateurs et leur superviseur travaillent dans des conditions de sécurité accrues ». « Je ne sais toujours pas pourquoi ce n’était pas le cas à l’époque. L’employeur, Location Jesna inc., m’a cependant expliqué que diverses ententes existent déjà entre le MTQ et la SQ à ce sujet », raconte Mme.et Garneau.

Plusieurs mesures ont déjà été prises, notamment par l’employeur et le gouvernement. En novembre, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a statué qu’une signalisation inadéquate pouvait être à l’origine de l’accident.

Au moment de l’incident, le conducteur du train routier suivait un autre véhicule dans la voie de droite. Il n’a donc vu le véhicule atténuant que lorsque cet autre véhicule « s’est engagé dans la voie de gauche », selon la Commission, qui affirme que « la présence d’un autre véhicule à sa gauche » a empêché le conducteur d’effectuer un changement de voie. La collision a fait dévier le camion vers les deux travailleurs, qui ont été heurtés. La CNESST recommandait alors d’appliquer la signalisation sur ce type de chantier sans obstruer la voie de droite.

Aller plus loin

Selon le coroner, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) devra « intensifier » ses efforts pour sensibiliser les conducteurs de véhicules « à l’importance de respecter le corridor de sécurité mis en place lors de travaux sur le réseau routier ».

Met Garneau recommande également au ministère des Transports d’installer un panneau à messages variables (PMV) « au plus près du chantier » et d’annoncer « toute obstruction de voie » en temps réel. Québec devrait aussi « consulter la Sûreté du Québec » pour une surveillance policière « accrue » lors de l’installation des éléments de signalisation.

Le coroner exhorte Québec « à baisser la vitesse à 70 km/h pour les travaux de courte durée lors de l’installation et du retrait des dispositifs de signalisation », voire « à augmenter les amendes et les points d’inaptitude des conducteurs de véhicules lorsque le corridor de sécurité n’est pas respecté ». Il suggère que le gouvernement et la CNESST mènent « des activités de sensibilisation (ex. campagne et autres) afin de renforcer la sécurité des travailleurs ».

Augmenter « d’année en année »

À l’Association des signaleurs routiers du Québec (ATSRQ), le président Jean-François Dionne déplore que le nombre d’accidents impliquant des signaleurs routiers « continue d’augmenter d’année en année ». « Depuis 2016, 70 travailleurs ont été blessés. Les primes d’assurance ont quadruplé pour les employeurs. En moyenne, c’est un accident mortel par an depuis 2012 », explique-t-il.

Pour lui, les recommandations du coroner « sont un bon début ». Il dit qu’il faut « avant tout » plus de surveillance. « Nous savons très bien que les gens ne vont pas ralentir à 70 km/h s’il n’y a plus de patrouilleurs ou de radars photo. Ça prend des actions concrètes de notre part, sinon ça ne changera pas grand-chose », insiste M. Dionne.

Il propose d’être « beaucoup plus sévère » et d’imposer jusqu’à six points d’inaptitude aux automobilistes dépassant les limites sur un chantier. «Le Québec pourrait même aller au même niveau qu’un incident impliquant un autobus scolaire, soit neuf points», glisse-t-il, rappelant que plusieurs États américains vont déjà dans ce sens.

« Les automobilistes doivent comprendre que ce qu’ils ont entre les mains est une arme. Ça peut tuer », insiste M. Dionne.

Dénonçant le « laxisme » des autorités, son groupe exhorte les ministres François Bonnardel et Geneviève Guilbault, ainsi que la Sûreté du Québec, à prendre les mesures nécessaires pour « faire respecter le corridor de sécurité », en s’assurant que les signaleurs ne sont pas » laissé seul avec des conducteurs imprudents ».


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