« Des ballons politiques », un plaidoyer pour un sport plus féminin

Pauline Londeix, à Rome, le 2 juin 2024.

Le football fascine, c’est indéniable. Pour preuve, l’effervescence autour de l’Euro qui règne actuellement. La France compte quelque 2,3 millions de diplômés, dont 10 % de filles et de femmes. Sans compter les joueurs sans licence. En tout cas, ce sport fascine Pauline Londeix depuis longtemps. Ancienne vice-présidente d’Act Up et co-fondatrice de l’Observatoire pour la transparence des politiques du médicament (OTMeds), cette militante tient cette passion de son père. Décédé en 2011, l’écrivain Georges Londeix (1932-2011), est l’auteur d’un roman intitulé Footballpublié en 1972. Elle est elle-même joueuse du club amateur romain Lupi et passionnée par l’AS Roma féminine.

« Peut-on encore aimer le sport de haut niveau ?demande le sous-titre de l’essai. En effet, les enjeux financiers sont considérables dans le monde du football professionnel, source de violences systémiques, explique Pauline Londeix. La dimension politique est incontestable. Mais heureusement, dit-elle, le sport n’est pas que cela et peut surtout « prendre un chemin différent »qui passe par les femmes.

Le football féminin a parcouru un long chemin. Alors qu’il rassemblait des milliers de spectateurs à la fin du XIXèmee siècle, elle fut alors empêchée, voire interdite dans plusieurs pays. Les choses ont changé depuis, mais la situation n’est pas encourageante. En matière de revenus, les footballeuses professionnelles ne jouent pas dans la même ligue que leurs homologues masculins.

Rien n’a été pensé pour les femmes

Une autre inégalité, la « répétition des coups sur les corps »y compris les commotions cérébrales, qui sont plus fréquentes que chez les garçons. Pauline Londeix dénonce le manque de moyens du personnel médical et donc le fait que la santé des sportives féminines soit négligée. Elles seraient plus touchées que les hommes par les ruptures des ligaments croisés et par blessures en général, en raison de leur développement musculaire spécifique. Sans parler du tabou des règles.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les blessures du ligament croisé antérieur touchent davantage d’athlètes

Il est vrai que rien, dans ce sport comme dans d’autres, n’a pas été conçu pour les femmes ni adapté. Les conditions de jeu, le règlement sont pensés pour les hommes. Ainsi, les cages, le poids des balles, la taille des terrains. De même, les recherches des équipementiers pour fabriquer des crampons adaptés à la morphologie des femmes sont quasi inexistantes.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Pourquoi les footballeuses sont des surhommes

Mais le football, ce n’est pas que ça. Bien au contraire, il présente de nombreux avantages pour l’individu et la société. C’est tout le propos de Pauline Londeix. Ce sport pluriel est aussi, selon elle, un « un véritable moyen d’améliorer le vivre ensemble, d’intégration ».

Il vous reste 23,32% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.