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Des frais de gestion qui retardent la retraite

Une nouvelle « analyse » de Mercer porte le titre accrocheur : « Des frais élevés peuvent retarder la retraite de quatre ans ».

C’est effrayant.

Pour le contexte, Mercer est une société multinationale qui administre les programmes d’avantages sociaux des employés, y compris les régimes de retraite de l’entreprise. Elle publie chaque année ce qu’elle appelle le Baromètre de préparation à la retraite. En 2022, le document porte sur les frais.

Incidence sur les coûts

Ce que Mercer dit essentiellement, c’est que si vous participez à un régime de retraite à cotisations déterminées (CD), vous serez, en principe, prêt pour la retraite à 66 ans (70 % du revenu de préretraite).

On peut discuter des paramètres, mais là n’est pas l’important. Le point à retenir est que si l’argent était plutôt investi dans des fonds communs de placement, il faudrait attendre 70 ans pour espérer un revenu équivalent.

Cette différence s’explique par la différence des frais de gestion. Les frais médians d’un régime de retraite CD sont de 0,6 %. Celles des OPCVM sont à 1,9 %.

Des frais plus élevés risquent non seulement de retarder la retraite, mais ils accélèrent également l’épuisement du capital pendant la période de paiement, poursuit la société. Un retraité qui paie des frais de 1,9 % arrivera au bout de son épargne quatre ans plus tôt qu’un retraité dont la gestion des placements ne coûte que 0,6 %.

Mercer présente évidemment les régimes de retraite CD sous un jour favorable en les comparant aux fonds communs de placement, une catégorie de produits assez dispendieux en termes de frais de gestion.

L’entreprise conclut que les régimes collectifs offrent une économie d’échelle inaccessible à l’investisseur individuel, une affirmation un peu grossière. Rappelons que l’individu a accès à des solutions à faible coût, parfois même inférieur à la médiane des régimes CD, grâce aux fonds indiciels cotés.

Mais bon, les régimes collectifs auront toujours des avantages indéniables, à commencer par l’obligation des employés d’y participer, sans oublier la contribution des employeurs à la cagnotte.

Néanmoins, l’analyse effectuée par Mercer rappelle l’importance qu’il faut accorder aux frais de gestion. C’est l’un des rares éléments de l’équation sur lequel on peut exercer un certain contrôle, avec le taux d’épargne et la consommation.

Ce qui menace votre retraite

Nous avons peu de contrôle sur les rendements de nos investissements. Bien sûr, le marché récompense généralement les personnes qui s’exposent au risque, mais une fois que l’on prend le parti de la bourse, le facteur « chance » joue un rôle majeur. Tout cela pour dire qu’une différence de performances a le même impact que la différence de coûts.

L’inflation entre aussi dans l’équation, et là encore, c’est un paramètre qui échappe à notre contrôle. Nous le constatons aujourd’hui avec une effroyable impuissance.

Il y a un mois, c’était l’effet de la pandémie sur la chaîne d’approvisionnement mondiale. Aujourd’hui, le coût de l’énergie explose en raison d’un conflit géopolitique majeur. Tout ce que nous pouvons faire pour encaisser le coup, c’est réduire notre consommation.

Le baromètre de préparation à la retraite de Mercer nous rappelle à quel point la planification d’un revenu de retraite peut être risquée. Une petite commission supplémentaire de 1,3 % pèse lourdement sur le long terme. Ajoutez à cela des rendements inférieurs aux attentes et une inflation galopante, vous vous retrouvez avec une retraite très différente de ce que vous aviez prévu.

Pour se tirer d’affaire, mieux vaut s’en tenir à des hypothèses prudentes, ne pas pécher par excès d’optimisme, garder une certaine marge de manœuvre et… éviter de payer des frais excessifs.


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