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Détection du cancer de la prostate : une innovation québécoise aux répercussions mondiales


Déjà plus de 600 hommes ont pu bénéficier d’une innovation québécoise dans le domaine de la médecine nucléaire offrant à un plus grand nombre de patients un diagnostic beaucoup plus précis du cancer de la prostate.

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Depuis un an, le Centre de recherche du CHUS (CRCHUS) offre l’imagerie par tomographie par émission de positons (TEP) pour le diagnostic du cancer de la prostate. Une approche aussi récente qu’efficace.

Imagerie montrant des métastases osseuses, ganglionnaires et pulmonaires. Au centre du curseur, une métastase osseuse dans une vertèbre lombaire.

Photo fournie par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Un agent d’imagerie, le radiotraceur 68Ga-PSMA-617, est injecté au patient. Cet agent a été conçu spécifiquement pour se fixer aux cellules cancéreuses de la prostate. L’examen tomographique permet alors de visualiser précisément la localisation des cellules cancéreuses.

« Chaque cancer a ses caractéristiques. Pour celle de la prostate, on recherche une caractéristique appelée PSMA. L’agent va interroger toutes les cellules du corps pendant une heure », explique le Dr.r Éric Turcotte, scientifique nucléaire et professeur-chercheur au CRCHUS et à l’Université de Sherbrooke.


Photo fournie par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

En savoir plus, rapidement

Cette approche nous permet de proposer le traitement le plus adapté avec le taux de réussite le plus élevé.

« On fait des prises de sang, on sait qu’il y a un cancer de la prostate. Parfois, nous supposons la présence d’un cancer à un endroit donné. Nous jouions à « Où est Waldo ? toute la journée. Là, on n’assume plus, on confirme où se trouve la lésion. Reste à l’oncologue à décider comment s’y prendre », ajoute le Dr.r Turcotte.

« On ne va plus enlever une prostate, avec les problèmes que ça peut engendrer, et se retrouver trois ou quatre ans plus tard avec une métastase qu’on n’avait pas vue au départ », estime-t-il.

Accessibilité

Cependant, une infrastructure importante est nécessaire pour produire le radiotraceur. C’est là qu’intervient la recherche québécoise.

« Mon équipe a développé une technologie innovante pour produire l’agent d’imagerie en grande quantité et l’offrir à un plus grand nombre de patients », explique Brigitte Guérin, professeure-chercheuse à l’Université de Sherbrooke et chercheuse au CRCHUS.

« Avec la technologie actuelle, nous ne pouvons produire que suffisamment d’agent pour deux patients. Avec le nôtre, nous pouvons examiner 15 patients », poursuit-elle.


Brigitte Guérin, professeure-chercheuse au CRCHUS et à l’Université de Sherbrooke, dans son laboratoire.

Photo fournie par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Un enjeu important pour bénéficier des avantages des nouvelles technologies de diagnostic.

« On estime qu’un homme sur huit sera atteint d’un cancer de la prostate », explique le Dr.r Turcotte. Le test d’imagerie ne doit pas être une loterie. Le travail des trois dernières années a consisté à rendre le traitement accessible. À raison de 15 examens par demi-journée et parfois deux demi-journées par semaine, cela correspond aux besoins de notre population en Estrie et nous avons un surplus que nous offrons aux patients du reste du Québec.

« Notre technologie est brevetée et sous licence. Nous travaillons pour le rendre accessible partout à l’international. Nous travaillons beaucoup avec l’Agence de l’énergie atomique sur les besoins des patients », explique M.moi Guérin.

Guérir de la même manière

Le CRCHUS a franchi une nouvelle étape en utilisant la même approche thérapeutique.

« Dans les nouvelles thérapies qui arrivent, moins invasives et plus efficaces, l’agent d’imagerie diagnostique est remplacé par un radio-isotope thérapeutique. Il agira (sur la lésion) comme agent diagnostique et tuera les cellules cancéreuses sur lesquelles il se colle. On part avec un radar pour démarrer puis on envoie les torpilles. Ce sont des traitements émergents au Canada qui peuvent faire une différence dans le cas des cancers avancés », estime M.moi Guérin.


Production d’agent d’imagerie

Photo fournie par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

« Ce qui impressionne, c’est la tolérance de ces traitements et leur facilité », insiste M. Turcotte. L’injection dure une minute. Je revois le patient six semaines plus tard. Il ne perd pas de cheveux et n’a pas vraiment d’effets secondaires. Ils me disent avec un grand sourire à quel point c’est facile comparé à la chimiothérapie.

« Dans quelques années, ce que nous faisons aujourd’hui deviendra un standard », est convaincu le Dr Turcotte.


Production d’agent d’imagerie

Photo fournie par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Argent

Mais il existe un obstacle qui pourrait ralentir l’application du traitement.

« Le gouvernement du Québec ne s’est pas encore prononcé sur le remboursement de ce nouveau traitement. C’est un gros problème. Je peux vous dire que c’est très efficace. A chaque traitement, 50% de la maladie disparaît. Actuellement, nous recrutons nos patients dans nos projets de recherche, parfois les fondations acceptent aussi de payer, la situation n’est pas confortable », admet le Dr.r Turcotte.

Mais le jour où le traitement sera remboursé, « il faudra que le test d’imagerie soit prêt (dans les hôpitaux). À Sherbrooke, nous le sommes», assure-t-il.

Autres cancers

L’approche adoptée par les deux chercheurs ne se limitera pas au cancer de la prostate.

« C’est une nouvelle gamme de traitement que nous développons. De nouvelles molécules commencent à apparaître qui cibleront le cancer du sein et le cancer du cerveau. C’est en plein essor», affirme Éric Turcotte.


Le Dr Éric Turcotte, scientifique nucléaire et professeur-chercheur au CRCHUS et à l’Université de Sherbrooke, dans son bureau, où il analyse les images produites à l’aide du tomographe à émission de positons.

Photo fournie par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

« Nous faisons des recherches sur le cancer du sein. Et le PSMA réagit également avec d’autres types de cancer. Nous avons des démarches en cours pour voir la pertinence d’utiliser le même agent avec d’autres types de cancer », conclut Brigitte Guérin.

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