deux morts lors d’une nouvelle nuit de violences

NOUVELLE-CALEDONIE – Les tensions continuent de monter en Nouvelle-Calédonie. Deux personnes sont mortes, dont une par balle, à Nouméa, dans la nuit de mardi à mercredi 15 mai, alors que de nouvelles émeutes ont éclaté après l’adoption par l’Assemblée nationale d’un projet de loi constitutionnelle visant à élargir le corps électoral pour les prochaines élections dans ce territoire français d’outre-mer. .

Nouvelle-Calédonie : le projet de révision constitutionnelle adopté à l’Assemblée, Macron lance un ultimatum

« Sur les trois blessés admis aux urgences, un est décédé, victime d’un coup de feu », a annoncé ce mercredi le Haut-commissaire de la République, Louis Le Franc.  » Non pas d’un coup de feu de la police ou de la gendarmerie, mais de quelqu’un qui voulait certainement se défendre. », a déclaré le représentant de l’Etat à la presse, sans plus de précisions sur les circonstances de sa mort. Quant au deuxième décès, le représentant de l’Etat n’a donné aucune précision.

Après l’annonce de ce deuxième décès, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a convoqué un Conseil de défense et de sécurité nationale pour la matinée du mercredi 15 mai.

Incendies, voitures endommagées, pénuries…

De son côté, lors d’une conférence de presse, le Haut Commissaire a également fait état de plusieurs « échanges de balles entre émeutiers et groupes de défense civile à Nouméa et Paita » et un « tentative d’intrusion dans la brigade Saint-Michel (gendarmerie) ». Au total, la police a procédé à 140 arrestations rien que dans la région de Nouméa depuis le début des violences.

Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs infrastructures publiques de la capitale ont brûlé, a constaté un correspondant de l’AFP. Des voitures endommagées ou carbonisées étaient également visibles un peu partout dans les rues, tandis que des camions transportant des gendarmes mobiles, entre autres forces de l’ordre, sillonnaient la ville.

Mercredi matin, faute d’approvisionnement dans les magasins, les pénuries alimentaires ont provoqué de très longues files d’attente devant les magasins. Certains à Nouméa ont été pris d’assaut, d’autres étaient presque vides, n’ayant plus de pain ni de riz à vendre.

Le projet de loi constitutionnelle visant à élargir le corps électoral aux élections provinciales, cruciales dans l’archipel, a déclenché la colère d’une partie de ses habitants. Les indépendantistes jugent ainsi que ce dégel risque «minoriser encore davantage les autochtones kanak». Actuellement, seuls les Kanaks, résidents établis dans l’archipel avant 1998, et leurs descendants, ont le droit de participer aux élections locales.

Les appels au calme se multiplient

Dans une lettre envoyée mercredi aux représentants calédoniens condamnant les violences « indigne(s) » et appelant à  » calme « Emmanuel Macron a précisé que le Congrès se réunirait « avant fin juin » pour une adoption définitive, à moins que séparatistes et loyalistes ne s’accordent d’ici là sur un texte plus global.

Le président indépendantiste du gouvernement territorial, Louis Mapou, « pris note » de la réforme votée à Paris mais a déploré un « une approche qui a de graves conséquences sur notre capacité à conduire les affaires de la Nouvelle-Calédonie ». «Nous appelons au calme»il ajouta. « Les mobilisations doivent se faire dans un cadre »a ajouté Victor Gogny, le président du Sénat coutumier, « Depuis deux jours nous sommes sortis de ce cadre et le pays est en feu. Il faut revenir à ce cadre et laisser tout se calmer..

Dans une lettre adressée au chef de l’Etat, la principale figure du camp non indépendantiste, l’ancienne secrétaire d’Etat Sonia Backès, a de son côté demandé au chef de l’Etat de déclarer l’état d’urgence. « notamment en engageant l’armée aux côtés des forces de police et de gendarmerie ». « Non pas pour aller tirer sur le camp d’en face mais pour protéger la population, l’aéroport, la gendarmerie, les commissariats. La nourriture sera la prochaine urgence »indiqua-t-elle.

Des éléments du GIGN, du RAID (son équivalent pour la police), quatre escadrons de gendarmes mobiles et deux sections du CRS 8, unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, ont déjà été mobilisés. D’autres renforts sont en cours d’acheminement vers l’archipel, selon Gérald Darmanin.

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