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Deuxième tour, le nouveau film d’Albert Dupontel


Fresque historique, film noir et western, Tueurs de la Lune des FleursLe 27ème film de Martin Scorsese est une réussite fulgurante.

Et l’or noir jaillit, entouré d’hommes dansants, d’un pays dont personne n’attendait rien… Autour de cette image mémorable tourne Tueurs de la Lune des Fleurs. Un sol pétrolier fertile en Oklahoma, où le peuple Osage a été relégué après des années de déportations. Qui deviendra donc « le peuple le plus riche du monde par habitant » sous le nez des blancs WASP, qui s’empressent de les parasiter et d’instaurer un système de tutelle oppressif. Mais l’argent ne leur appartient pas, ils vont donc devoir séduire, manipuler voire tuer – discrètement – ​​pour en profiter.

Rapporté par David Grann (auteur de La cité perdue de Z, qui avait déjà inspiré James Gray), cette affaire glaçante des années 1920 bouleversa Leonardo DiCaprio. Son complice, « Marty », n’a eu qu’à l’adapter, en creusant l’antagonisme du bien et du mal – dans ce qu’il a de plus visqueux. Excellant toujours dans le film noir, peuplé de voyous sans scrupules et d’où surgit parfois l’amour, Scorsese revisite le genre western, qu’il n’avait pas encore abordé, et le transforme en une démonstration épique inédite.

Plutôt que de suivre l’enquêteur du FBI, Tueurs de la Lune des Fleurs se concentre sur l’antihéros Ernest Burkhart, le plus outrageusement stupide de tout le corpus sccorsésien. Récemment vétéran de la Grande Guerre, il est arrivé à Fairfax, dans le comté d’Osage, avec son oncle, William « King » Hale. Lequel, interprété par un De Niro inarrêtable, se dit ami des indigènes. Il fait en sorte qu’Ernest rencontre une femme Osage, Mollie (Lily Gladstone), afin de mettre la main sur le jackpot. Quitte à le tacher de sang. Si Ernest aime profondément sa femme, elle comprend, dès leur premier rendez-vous, que ce niais est un « coyote qui veut de l’argent »… dans quelle mesure ?

Sur le plateau de Tueurs de la Lune des Fleurs, plus d’une quarantaine d’acteurs Osage, rassurés de voir mis en scène, avec autant de respect que de flamboyance, l’oppression dont leurs aînés étaient victimes. Le film politique donc, au-delà de sa richesse formelle. 3 heures et 26 minutes, générique inclus : sa durée est ambitieuse. Mais elle le mérite. Tout est captivant : les décors (naturels ou reconstitués avec précision), les costumes (de Jacqueline West), le montage prodigieux (merci Thelma Schoonmaker, trois fois oscarisée pour Scorsese), la photographie du Mexicain Rodrigo Prieto.

Insidieusement, l’action s’alourdit d’une tension suffocante. Armes à feu, alcool et billard désert, cérémonies et secrets honteux, fêtes de famille et repas stratégiques… Ultra-Scorsese, en somme. Et puis il y a l’attachant DiCaprio, grimaçant, veule, indigne du personnage magistralement incarné par Lily Gladstone, originaire de la réserve amérindienne Blackfeet. L’Oscar leur tend les bras, mais c’est de lui que le film tire sa puissance expressive. Jusqu’à la séquence finale où Scorsese, fort de 80 ans de virtuosité à son actif, s’offre une étonnante découverte narrative, doublée d’une apparition poignante. La sienne.

Sophie Rosemont

Retrouvez cette revue de Tueurs de la Lune des Fleurs dans notre numéro 156, disponible en kiosque et via notre boutique en ligne.

La concrétisation :Martin Scorsese

Distribution :

  • Leonardo DiCaprio dans le rôle d’Ernest Burkhart
  • Lily Gladstone dans le rôle de Mollie Burkhart
  • Robert De Niro dans le rôle de William Hale
  • Jesse Plemons dans le rôle de Tom White
  • John Lithgow dans le rôle de Peter Leaward
  • Brendan Fraser dans le rôle de WS Hamilton
  • Tatanka signifie : Agent John WrenWren
  • William Belleau comme Henry Roan

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