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Discours d’ouverture |  Legault relance le débat sur la construction de barrages




(Québec) François Legault veut un « vrai débat de société » sur l’avenir énergétique du Québec, et milite en faveur de la construction de barrages pour réussir le défi de la transition énergétique. Une décision devra être prise d’ici 2026 étant donné un délai de près de 15 ans entre l’annonce d’un complexe hydroélectrique et sa livraison, a-t-il dit dans son discours d’ouverture de session.




Dans son discours d’ouverture mercredi au Salon bleu, le premier ministre a parlé d’entrée de jeu de la lutte aux changements climatiques comme d’un « chantier gigantesque » qui l’emballe. Et le plus gros chantier sera celui de l’énergie : Hydro-Québec, qui produit actuellement 200 TwH d’énergie, devra augmenter sa production de 100 TwH d’ici 2050 « pour électrifier l’économie du Québec ». « Le défi qu’on a, c’est de bâtir un demi-Hydro-Québec », a résumé M. Legault.

Le Québec devra avant tout miser sur « l’efficacité et la sobriété énergétique », puis sur l’énergie éolienne, dont les coûts de production ont fortement diminué depuis quelques années.

Mais, a dit M. Legault, de nouveaux barrages seront sans doute nécessaires. « Oui il faut envisager sérieusement la construction de nouveaux barrages. Partout dans le monde les États se demandent comment ils vont remplacer le pétrole, le gaz et le charbon », a-t-il dit dans son discours.

Mais l’éolien et le solaire produisent de l’énergie de façon intermittente et ne seront pas « suffisantes pour combler nos besoins ». Alors que d’autres États dans le monde, comme la France ou l’Ontario se tournent vers le nucléaire, M. Legault privilégie l’hydroélectricité. « Ce n’est pas un choix qu’on souhaite faire. Il y a un enjeu de disposition des déchets nucléaires. On va avoir des décisions importantes à prendre dans le prochain mandat », a-t-il expliqué.

Il estime qu’entre l’annonce de la construction d’un barrage et sa mise en production – en incluant les négociations avec les Premières Nations – « on peut calculer environ 15 ans ».

François Legault a également tenté de recadrer le débat sur la lutte aux changements climatiques, un talon d’Achille pour son gouvernement. Le Québec, dit-il, émet moins de 9 tonnes de CO2 par habitant, alors que les États-Unis (18 tonnes par habitant) et le Canada (20 tonnes par habitant) polluent davantage. Le Québec est premier de classe en Amérique du Nord, a-t-il martelé. Il fait toutefois moins bien qu’en Europe (4,95 tonnes par habitant au Royaume-Uni en 2021).

Il ne faut donc pas être « dogmatique » quand « on dit qu’il faut réduire de 37,5 % » les émissions de GES du Québec d’ici 2030, un engagement international. « On part déjà à la moitié de l’Amérique du Nord, il faut en tenir compte », a dit le premier ministre. Il faut, dit-il, être « ambitieux sans être dogmatique ».

Langue et immigration 

Dans son discours-fleuve (plus d’une heure), où le premier ministre a cité plusieurs engagements électoraux pris par la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de santé, d’éducation et de développement économique, François Legault a une fois de plus martelé que le Québec devait rapidement inverser le déclin du français qui s’observe dans la province.





« Le déclin du français, c’est un enjeu existentiel pour le Québec », a-t-il dit, citant à nouveau que la proportion de personnes qui parlent le plus souvent en français à la maison est passée de 82,3 % à 77,5 % entre 2001 et 2021. « Mais le plus inquiétant, c’est sur l’île de Montréal », a ajouté M. Legault. Il a reconnu que la loi 96 adoptée au cours du précédente mandat ne suffirait pas à inverser la tendance.

Pour augmenter le pourcentage de Québécois qui parlent le français à la maison, François Legault mise sur l’immigration. Il a affirmé cette semaine qu’il se fixait l’objectif que le Québec accueille 100 % d’immigrants économiques francophones ou francotropes d’ici 2026. Le premier ministre promet également d’augmenter le nombre d’étudiants internationaux qui viennent étudier dans les cégeps et universités francophones du Québec.





« Avant même d’aller demander plus de pouvoirs à Ottawa, il faut que nous on en fasse plus en matière d’immigration. […] Il existe un lien indéniable entre la politique d’immigration et la vitalité de la langue française », a-t-il déclaré.


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