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Éclosion d’un champignon mortel à l’Hôpital Pierre-Boucher

Le champignon candida aurisqui peut causer des infections graves, a été identifiée chez plusieurs patients à l’hôpital Pierre-Boucher de Longueuil.

Publié à 10h14

Éclosion d’un champignon mortel à l’Hôpital Pierre-Boucher

Alice Girard Bosse
La presse

«Des mesures supplémentaires de prévention et de contrôle des infections ont été mises en place pour les utilisateurs confirmés et suspects, notamment l’isolement des contacts positifs, l’hygiène des mains, le masque, la blouse, les gants, l’utilisation de produits chlorés pour la désinfection du matériel et des surfaces fréquemment touchées», a déclaré La presse la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marjorie Larouche.

L’infection par ce champignon touche principalement les patients hospitalisés ou immunodéprimés. Le taux de mortalité est d’environ 60 %, indique l’Institut national de santé publique du Québec.

candida auris est un champignon émergent qui constitue « une menace sérieuse pour la santé mondiale », déclarent les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis sur leur site Web.

Il est difficile à identifier avec les méthodes de laboratoire habituelles et il peut être mal identifié dans les laboratoires qui ne disposent pas de la technologie spécifique, prévient Santé publique Canada.

Les établissements de santé de plusieurs pays ont signalé que le champignon a provoqué des maladies graves chez les patients hospitalisés. Chez certains patients, cette levure peut pénétrer dans la circulation sanguine et se propager dans tout le corps.

Les patients hospitalisés de longue durée dans un établissement de santé, porteurs d’un cathéter veineux central, ou ayant déjà reçu des antibiotiques ou des médicaments antifongiques, semblent être les plus à risque d’infection par cette levure, détaille le CDC.

Ce champignon a été identifié pour la première fois au Japon en 2009. Depuis lors, il a été signalé dans 17 pays sur les cinq continents.

Le changement climatique à la loupe

Selon le Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses du Canada, il y a des raisons de croire que la hausse des températures due aux changements climatiques contribue à la propagation du champignon.

Pour le DClaudel Pétrin-Desrosiers, médecin de famille à Montréal, qui s’intéresse au lien entre la santé et l’environnement, l’éclosion n’est pas une surprise. C’est « une conséquence de nos nombreuses actions ». Ce n’est pas « inattendu » ou « surprenant », a-t-elle déclaré jeudi matin sur Twitter.

« De nombreuses maladies et infections sont influencées, aggravées, accélérées par les crises environnementales : perturbations, fragmentation des habitats, déclin de la biodiversité », a-t-elle déclaré.

Une piècepignon robuste

L’infection par ce champignon est souvent résistante à plusieurs médicaments couramment utilisés pour la traiter. « La résistance aux antimicrobiens est extrêmement bien documentée et accélérée, entre autres, par l’utilisation d’une antibiothérapie massive pour l’agriculture de masse et la consommation importante d’antibiothérapie pour des usages non indiqués », a expliqué le Dr.Pétrin-Desrosiers.

En mai 2017, le premier cas multirésistant a été déclaré au Canada dans le conduit auditif externe d’une personne de 64 ans qui présentait une otite externe chronique. L’acquisition de cette souche peut avoir eu lieu en Inde.

Il s’agissait de la première souche multirésistante identifiée au Canada. Auparavant, six souches avaient été identifiées au Canada, dont une au Québec en 2012, mais elles étaient toutes sensibles aux antifongiques usuels.


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