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En Espagne, Pedro Sánchez conclut un nouvel accord de gouvernement avec la gauche radicale

Après de longues négociations, les socialistes espagnols ont scellé mardi un accord de coalition avec le parti de gauche radicale Sumar, une étape essentielle pour le retour au pouvoir du Premier ministre Pedro Sánchez, désormais suspendu de tout soutien aux indépendantistes catalans.

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Allons-nous vers une sortie de l’impasse politique en Espagne ? Mardi 24 octobre, les socialistes espagnols ont conclu un accord de coalition avec le parti de gauche radicale Sumar, une étape importante dans le retour au pouvoir du Premier ministre Pedro Sánchez.

« Nous avons gouverné pendant cinq ans et nous continuerons à le faire pendant encore quatre ans », a déclaré Pedro Sánchez, en signant aux côtés de Yolanda Díaz, actuelle ministre du Travail et leader de Sumar, cet « accord programmatique » destiné à servir de cadre pour la prochaine législature. .

Le texte contient un ensemble de 230 mesures, dont l’augmentation du parc de logements sociaux, la révision à la hausse des objectifs climatiques de l’Espagne et une réforme fiscale destinée à accroître la contribution des groupes bancaires et énergétiques aux revenus nationaux. État.

Journée de travail plus courte

Il comprend également un plan de lutte contre le chômage des jeunes, une augmentation du salaire minimum, ainsi qu’une réduction du temps de travail « sans perte de salaire », réclamée de longue date par les syndicats espagnols et dont Sumar avait fait son cheval. de bataille ces dernières semaines.

« Nous souhaitions une réduction » de la durée hebdomadaire de travail « à 37,5 heures », contre 40 heures actuellement, et cela apparaît « très clairement dans l’accord », s’est félicité le porte-parole de Sumar, Ernest. Urtasun, pour qui les pays avec « une journée de travail plus courte » sont « plus productifs ». Il a notamment évoqué la France.

Ce pacte permettra à l’Espagne de « continuer à avancer » sur la voie du « progrès », a affirmé Pedro Sánchez, au pouvoir depuis 2018 et qui gouverne en coalition avec l’extrême gauche (alors représentée par Podemos) depuis 2020. Podemos est désormais juste une des composantes de Sumar, essayant tant bien que mal de conserver son autonomie.

Le porte-parole du Parti populaire (PP, opposition de droite), Borja Semper, a pour sa part minimisé la portée de cet accord. « Nous savions tous » que le PSOE et Sumar « allaient rester mariés », mais cette alliance n’a aucune valeur sans le « feu vert » des indépendantistes, notamment catalans, a-t-il rappelé.

Les socialistes sont arrivés en deuxième position aux élections législatives du 23 juillet derrière le PP d’Alberto Núñez Feijóo. Mais ces derniers, sans majorité absolue, n’ont pas réussi à former une coalition, ouvrant la voie à la formation d’un nouveau gouvernement de gauche.

La reconduction de Pedro Sánchez au pouvoir reste toutefois conditionnée au soutien de plusieurs partis indépendantistes. Bildu, considéré comme l’héritier de la vitrine politique de l’organisation armée basque ETA, a déjà fait savoir qu’il voterait pour lui afin de faire barrage à la droite.

Les séparatistes catalans réclament l’amnistie

Mais la situation est plus compliquée avec les deux partis séparatistes catalans, notamment Junts per Catalunya (JxCat), le groupe à l’origine d’une tentative avortée de sécession de la Catalogne en 2017, dont le leader Carles Puigdemont a fui en Belgique pour échapper à la justice espagnole.

Junts, qui compte sept députés, réclame notamment, aux côtés de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), l’autre parti indépendantiste catalan, une amnistie pour les responsables de la tentative de sécession de 2017.

Cette demande est dénoncée par la droite et l’extrême droite et critiquée au sein même du Parti socialiste. Ces dernières semaines, elle a donné lieu à plusieurs manifestations hostiles à cette mesure.

Sumar s’est dit favorable à l’amnistie afin de « tourner la page » de la crise de 2017 et Pedro Sánchez a évité autant que possible de prononcer le mot, ce qui ne figurait pas dans l’accord conclu mardi.

« Comment est-il possible » que l’accord entre les socialistes et Sumar « ne nous parle pas d’amnistie ? », a dénoncé mardi Borja Semper, critiquant le manque de « transparence » de Pedro Sánchez.

En outre, le PP est très critique quant au fait qu’aucune date n’a encore été fixée pour le vote d’investiture de Pedro Sánchez au Parlement.

L’actuel Premier ministre espagnol a jusqu’au 27 novembre pour être reconduit dans ses fonctions par les députés. S’il ne parvient pas à parvenir d’ici là à un accord garantissant le soutien des Junts et de l’ERC, de nouvelles élections devront être organisées à la mi-janvier.

Avec l’AFP

France 24 Europe

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