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Énergies fossiles : pour la paix et pour le climat, il faut « chasser les déchets »


Pour analyser. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Occident a tout fait pour essayer d’asphyxier tous les secteurs de l’économie russe. Tous ? L’un est de résister à l’assaut des sanctions européennes : les énergies fossiles. Le pétrole, le gaz et le charbon sont aussi vitaux pour l’économie russe que pour les pays d’Europe continentale. Dans l’arsenal des sanctions financières, il fallait préserver deux banques russes – dont celle affiliée au géant gazier Gazprom – qui continuent de pouvoir utiliser le réseau international Swift. Dans les jours qui ont suivi l’attaque russe, les Européens ont continué d’acheter pour 700 millions d’euros par jour de produits énergétiques russes, selon l’agence Bloomberg.

« Plus personne ne peut être trompé »résume Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « La Russie utilise le gaz comme une arme politique et économique ». Tous les pays européens ne sont pas dépendants de la même manière : la France n’importe que 20 % de son gaz de Russie, l’Allemagne 55 %, et plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, comme la Hongrie ou la République tchèque, 100 %. Mais le moindre soubresaut des livraisons de gaz russe fait flamber les prix pour tout le monde : ils ont doublé au lendemain de l’offensive.

Déstabiliser les économies européennes

Il est très difficile pour les Européens de s’affranchir à court terme de cette tutelle gazière : la production mondiale ne peut pas être étendue, et il n’est pas possible de remplacer la Russie dans les mêmes volumes par d’autres fournisseurs. Cette dépendance est utilisée par Vladimir Poutine pour déstabiliser les économies européennes. Dès le déclenchement des premières sanctions, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a tweeté : « Bienvenue dans le nouveau monde où les Européens paieront 2 000 euros pour 1 000 mètres cubes de gaz » – bien supérieur à celui habituellement payé par les Européens.

Cette augmentation aura des conséquences massives en Europe. D’abord pour les particuliers chauffés au gaz et les industries qui l’utilisent. Pire encore, cela fera grimper les prix de l’électricité, souvent tirés par le prix du gaz, qui est largement utilisé pour faire fonctionner les centrales électriques. Plus le gaz est cher, plus le prix de l’électricité va augmenter. Quel dirigeant européen serait prêt à accepter une multiplication par trois ou quatre du prix de l’électricité par solidarité avec l’Ukraine ? Ou un arrêt de certaines usines qui cesseraient d’être rentables avec un prix de l’énergie aussi élevé ?

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