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Entretien avec Pierre Fitzgibbon |  « Le trait d’union » entre Québec et la métropole

Pierre Fitzgibbon, le nouveau ministre responsable de la Métropole, s’apprête à faire l’argumentaire de vente le plus difficile de sa longue carrière d’entrepreneur : convaincre les Montréalais que le gouvernement qu’ils ont rejeté à la majorité peut travailler pour eux.


Son argument de vente est avant tout le développement économique – une autre de ses responsabilités au sein du gouvernement.

Entre une ville soucieuse des enjeux sociaux et climatiques et un gouvernement provincial particulièrement attentif à l’économie, le ministre pense être « le trait d’union », a-t-il confié à La presse lors de sa première entrevue officielle à titre de ministre responsable du Grand Montréal.

« Peut-être que la ville de Montréal n’a pas été aussi « économique » que nous l’aurions souhaité. Moi, j’apporte ça », a-t-il déclaré la semaine dernière dans son bureau du Vieux-Montréal.

Dans sa boîte à outils, il compte sa relation avec la mairesse Valérie Plante.

Je ne vais pas dire que nous allons former un couple puissant, mais j’ai une très bonne relation avec elle. Nous sommes différents, mais en étant différents, nous sommes complémentaires. Et en étant complémentaires, nous arriverons plus facilement à destination.

Pierre Fitzgibbon

Il promet de « bien représenter Montréal » autour de la table du Cabinet. Même face aux demandes constantes du maire pour plus de financement provincial? « Nous faisons la même chose avec le gouvernement fédéral », a-t-il dit avec un sourire narquois. Et j’ai cette relation avec elle pour lui dire : à un moment, arrête. Le sac d’argent est là, il n’y en aura plus. »

« Le trafic est terrible »

Pierre Fitzgibbon entre dans l’adolescence quand son Ahuntsic natal est soudainement relié au centre-ville grâce au tout nouveau métro, en 1967. Soudain, « Ahuntsic n’était plus une banlieue ».

Le même électrochoc va secouer les secteurs proches du REM dans les mois à venir, a-t-il assuré. Au point d’accélérer d’autres projets de transport sur la planche à dessin du gouvernement.

« Le REM de l’Ouest sera un catalyseur pour faire de Montréal une véritable ville de mobilité urbaine », a-t-il déclaré avec l’assurance du vendeur dans la voix. « Ça va nous permettre d’avoir une mobilisation pour la ligne bleue, peut-être la ligne jaune, la ligne orange dont on parle, le fameux train de Lachine à [le centre-ville de] Montréal. »

Entretien avec Pierre Fitzgibbon |  « Le trait d’union » entre Québec et la métropole

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Pierre Fitzgibbon dans son bureau du Vieux-Montréal

L’élu vivait à Hong Kong, où il fait l’éloge du système de transports en commun. Montréal aurait dû s’inspirer de cet exemple et d’autres villes du monde bien avant, a-t-il déclaré. Ce grand voyageur d’avant l’Éternel est persuadé que s’il avait été relié par un train rapide, l’aéroport de Mirabel serait encore ouvert en 2022.

« Je ne pense pas qu’on se rende compte à quel point le REM va faire prendre conscience aux gens à quel point la mobilité et le transport en commun deviennent essentiels », dit-il. La circulation à Montréal est terrible. »

Inquiétudes pour le REM Est

Le REM Est – que Québec et la Ville de Montréal ont repris à CDPQ Infra en mai dernier – risque également d’être au cœur du mandat de Pierre Fitzgibbon à titre de ministre responsable de la Métropole.

Il ne s’en cache pas : « Force est de constater que le milieu des affaires est un peu inquiet » quant à l’absence de liaison directe avec le centre-ville dans les derniers tracés proposés.

Entre une structure aérienne controversée en centre-ville et un projet souterrain pharaonique, François Legault a préféré mettre une croix sur le tronçon. « Une bonne décision », a déclaré le ministre.

Il est lui-même un résident du Vieux-Montréal, ayant vécu au cœur du centre-ville et sur L’Île-des-Sœurs.

Une connexion à « la ligne verte temporairement peut suffire », a-t-il dit. « Je pense que nous pouvons augmenter un peu la capacité de la ligne verte. Dans 15 ans, 20 ans, cela suffira-t-il ? Probablement pas. Mais tu dois commencer à quelque part. »

La Rive-Nord – dont il représente une partie à l’Assemblée nationale en tant que député de Terrebonne – risque de voir les trains du REM arriver plus rapidement. « Quitter Terrebonne pour se rendre au centre-ville de Montréal, il faut de la patience, a-t-il déploré. Qu’est-ce qui devrait être fait. Est-ce que le REM y va? Est-ce que le REM s’arrête à Repentigny et on fait une correspondance avec le train de l’Est? Tout est à l’étude. »

L’Est dans le « catalogue »

Un autre grand projet du nouveau ministre est justement l’est de Montréal.

« Il faut faire quoi là-bas », a-t-il synthétisé dans son style direct et sans fioritures. « Montréal a tellement de succès au niveau de son image à l’international que pouvoir libérer des terrains dans l’est de Montréal où il y aurait des logements, où il y aurait du transport en commun […], il permettra le développement économique. Cette image de la ville de Montréal – joyeuse, diverse, paisible –, il la décrit comme son arme principale dans son démarchage aux quatre coins du monde.

Pour l’Est, ce ne sera pas « l’industrie lourde, bien sûr. Ce sera l’industrie légère ou le service ».

Il l’avoue sans détour : jusqu’à présent, le secteur n’était pas vraiment dans son « catalogue » de localisations lorsqu’il a rencontré des entreprises étrangères pour les convaincre d’investir au Québec. « Cela n’a jamais vraiment été sur le radar », a-t-il admis. Car qu’offrions-nous ? Un terrain pas loin de Montréal, mais il n’y avait rien d’autre. Quelques minutes plus tard, il sort une carte de son dossier pour montrer du bout de son crayon le degré d’isolement de certaines parties de l’Orient.

La décontamination des terrains, le futur REM de l’Est et une vision plus structurante du secteur vont changer les choses, a-t-il assuré. « Je pense que nous allons commencer à intégrer l’est de Montréal dans notre plan de développement international. »


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