Éric Zemmour, qui se dit « trahi », annonce l’exclusion de Marion Maréchal de Reconquête

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES – Si LR a vécu une journée qui restera dans les annales du parti de droite, Reconquête a vécu un psychodrame tout aussi mémorable ce mercredi 12 juin.

Invité sur le plateau de BFMTV dans la soirée, Éric Zemmour a reproché à sa tête de liste pour les élections européennes, Marion Maréchal, d’avoir « trahi » en appelant à voter pour les candidats soutenus par le Rassemblement National pour les prochaines élections législatives anticipées.

Il a ensuite annoncé l’exclusion de la nièce de Marine Le Pen du parti d’extrême droite. « Elle est arrivée au bout du chemin, c’est-à-dire qu’elle s’exclut de ce parti qu’elle a toujours méprisé »a déclaré le candidat à la présidentielle de 2022, accusant son ex-allié de  » mensonge «  et être « entouré de professionnels de la trahison ».

Lors d’un point de presse tenu un peu plus tôt, Marion Maréchal s’est montrée très offensante à l’égard du président de son parti, dénonçant la « triple faute » d’Éric Zemmour à qui elle reproche de vouloir présenter des candidats de la Reconquête face au RN.

« Présenter des candidats de la Reconquête dans les circonscriptions législatives, c’est prendre le risque infini de gagner des députés macronistes ou d’extrême gauche »dit-elle, refusant de « participer à un énième partage des droits » et enregistrer la fracture avec Éric Zemmour.

Ces accusations ont été réfutées par ce dernier : « Je suis et serai toujours pour l’unité. J’affirme que Reconquête et moi sommes prêts à retirer des candidats en cas d’accord avec le RN, le LR et tous les autres partis de bonne volonté »il a écrit sur X en se disant « dégoûté et blessé ».

«Ils devraient rendre leur mandat»

Les dissensions entre le candidat malheureux à la présidentielle, qui a multiplié les attaques contre le RN, et Marion Maréchal, plus encline à l’ouverture, avaient animé les derniers jours, jusqu’à l’abandon des négociations entre La Reconquête et le parti à la flamme mardi.

«Nous refusons le principe des candidatures divisionnaires», contre l’alliance conclue entre le patron exclu Les Républicains Éric Ciotti et le Rassemblement national, a lancé Marion Maréchal ce mercredi. Elle était accompagnée de Guillaume Peltier et Nicolas Bay, vice-présidents de Reconquête, et de Laurence Trochu. Les trois, ainsi que Marion Maréchal, ont été élus députés européens de la Reconquête dimanche.

« Ils devraient rendre leur mandat, il y a quatre députés qui trahissent tous nos militants 48 heures après (leur élection). C’est le record mondial de trahison. »Eric Zemmour lui a confié sur BFMTV.

Après la déclaration de Marion Maréchal, le président du RN, Jordan Bardella, grand vainqueur des européennes, s’est félicité « une déclaration responsable qui va dans le sens d’une dynamique patriotique pour vaincre et agir demain »dans un message publié sur X.

La veille, il s’en était pris de plein fouet à Éric Zemmour, estimant que « les invectives qu’il a multipliées à l’encontre du Rassemblement national et les positions parfois très excessives qu’il peut prendre ont rendu caduques les conditions d’un accord ».

Plusieurs sources ont également confirmé les informations de JDD selon lequel quatre membres de Reconquête, réputés proches de Marion Maréchal, ont remporté ce mercredi une investiture RN pour les élections législatives.

Pourrait-il y en avoir davantage ? « Dans le projet d’accord avec le RN qui a finalement échoué, il y avait 60 circonscriptions, dont dix à quinze gagnables… »murmure un connaisseur du dossier.

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