Skip to content
Espèces menacées |  Les Innus menacent de poursuivre Québec pour protéger le caribou

(Québec) Le Conseil des Innus de Pessamit mettra le gouvernement Legault en demeure de l’obliger à sauver le caribou forestier, et intentera des poursuites judiciaires si Québec ne crée pas rapidement le projet d’aire protégée Pipmuakan.

Publié à 12:34
Mis à jour à 16h08

Espèces menacées |  Les Innus menacent de poursuivre Québec pour protéger le caribou

Charles Lecavalier
La presse

«Nous demandons au gouvernement du Québec d’inscrire immédiatement le projet d’aire protégée au registre», a lancé le chef de Pessamit, Jean-Marie Vollant, mercredi en conférence de presse.

M. Vollant a fait cette annonce peu de temps après avoir assisté à une session spéciale de la Commission indépendante sur le caribou des bois et des montagnes avec de nombreux autres chefs. Lui et plusieurs autres représentants ont critiqué cette commission qui, selon eux, ne sert qu’à « gagner du temps ».

Ils jugent que les deux scénarios étudiés par la Commission sont « catastrophiques » pour l’avenir du caribou. M. Vollant croit donc qu’il est de son devoir d’aller de l’avant avec des poursuites judiciaires « afin de défendre ses droits et d’obliger le gouvernement à respecter ses obligations envers la Première Nation ».

Il a souligné les liens culturels et spirituels qui unissent les Innus et les Atikuncaribou.

Protection des massifs forestiers

De plus en plus encerclée par l’exploitation forestière, la harde de caribous de Pipmuacan, qui chevauche la Côte-Nord et le Saguenay–Lac-Saint-Jean, risque d’être la prochaine à disparaître. Pour les sauver, le Conseil des Innus de Pessamit veut protéger les dernières zones forestières préservées des coupes de l’industrie forestière. Mais son projet a déjà été snobé par le gouvernement Legault. « Notre patience a ses limites. Il est urgent d’agir », a déclaré M. Vollant.

Il souligne que le taux de perturbation de l’habitat du caribou forestier continue d’augmenter, ce qui réduit rapidement « nos chances de rétablissement de l’espèce ». Alors que le gouvernement continue de faire des études, l’exploitation forestière, l’aménagement de routes forestières, les centres de villégiature et les projets hydroélectriques ne font pas de pause, a-t-il dit.

« Chaque minute qui passe, un arbre est abattu, et cela met en danger le caribou », résume Jérôme Bacon-St-Onge, vice-chef du Conseil. Il a expliqué que le Conseil a décidé il y a trois semaines qu’il devait aller en justice. Une demande urgente est en cours de rédaction, et une mise en demeure devrait intervenir.

Les dés sont pipés

Quant à la Commission, les représentants estiment que « les dés sont pipés ». Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, a souligné que Pessamit « n’était pas dans l’itinéraire » de la Commission, et a été ajouté à la dernière minute. « Aucun groupe indigène n’a été rencontré en privé », a-t-il déploré.

Il estime également que les trois quarts des groupes rencontrés en privé par la Commission sont des représentants de l’industrie forestière. « Ça me fait dire que les dés sont pipés, dans le rapport et ce qu’on risque d’y lire », a-t-il dit.

C’est une autre tuile qui tombe sur la tête du gouvernement Legault, lui aussi engagé dans un bras de fer avec le fédéral concernant la protection de cette espèce en voie de disparition. Le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a lancé un ultimatum et menace d’émettre un décret d’urgence si Québec n’agit pas pour protéger le caribou. Le premier ministre François Legault, pour sa part, dit que le caribou est de compétence provinciale et il veut trouver le juste équilibre entre sa protection et les emplois de l’industrie forestière.


canada-lapresse

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.