Fabien Roussel, à Saint-Amand-les-Eaux, confronté à « l’état d’esprit du pays »

La liste des abstentionnistes obtenue auprès de la préfecture est étalée sur la table. De grandes feuilles étaient collées au mur, avec les tracts et les réunions publiques planifiés. Mercredi 19 juin, une dizaine de jeunes sympathisants ont été rassemblés par Fabien Roussel, dans un coin du local de campagne à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), pour les dernières consignes : « Ici, 51,5% ont voté pour Jordan Bardella ou Reconquête !, le 9 juin. Il ne s’agit pas de dire : « Il faut bloquer l’extrême droite », sinon vous allez exciter les gens. Ils vous parleront de retraite, de factures qui augmentent, de leur ras-le-bol. On les écoute, on leur dit qu’ils ont raison d’être en colère et on leur parle de notre programme. Et le député, ils le connaissent bien. »

Fabien Roussel est dans son QG de Saint-Amand-Les-Eaux (Nord), le 19 juin 2024. Fabien Roussel est dans son QG de Saint-Amand-Les-Eaux (Nord), le 19 juin 2024.

Les anciens acquiescent et embarquent chacun un deuxième militant, plus jeune. L’enjeu du député sortant du Parti communiste français (PCF) est clair : rechercher les abstentionnistes – douze mille aux élections européennes – et tenter d’endiguer la vague du Rassemblement national (RN) par une campagne express.

Ce mercredi matin, le numéro un communiste semble fatigué et inquiet. La veille, il avait effectué plusieurs porte-à-porte à Saint-Amand-les-Eaux, où il a également été élu conseiller municipal, après avoir répondu à plusieurs entretiens et participé par visioconférence à des discussions autour du programme du Nouveau Front populaire. A un peu plus d’une semaine du scrutin législatif, l’élu sait que les quelques jours de campagne seront cruciaux. Le contexte politique est tendu et sans précédent après la dissolution. «Nous sommes bien accueillis mais les gens sont abasourdis par la décision de Macron : ils le veulent encore plus. On ne peut pas dire que « tout ira bien ». Les gens connaissent les combats que j’ai menés mais je dois encore les convaincre”analyse Fabien Roussel.

Les militants sentent que leur candidat n’est pas serein mais se gardent bien de montrer leurs humeurs. Yvon Quintin, l’un des piliers de la section locale, admet en marge que la bataille électorale sera difficile : « Cela n’a jamais été simple dans ce bassin minier travaillé de longue date par le RN. Mais on ne s’attendait pas à un tel niveau de la part des Européens… Il y a un énorme rejet de Macron, mais est-ce que les gens vont se dire : « Chez nous, c’est Roussel qui nous défend le mieux » ? Heureusement, on a vu l’envolée à gauche, avec l’arrivée de jeunes qui veulent aider après l’appel de Fabien sur TikTok. Tout le monde comprend que nous devons y aller fort.explique le retraité de 73 ans.

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