France Travail prévoit moins d’embauches et moins de CDI en 2024

Dans une agence France Travail, à Nantes, le 26 mars 2024.

C’est une goutte. La deuxième consécutive, et cette fois elle est franche. Les intentions d’embauche ont baissé de 8,5% en 2024 (2,8 millions) par rapport à 2023 (3,04 millions), selon les résultats de l’enquête annuelle France Travail sur les « Besoins en main d’œuvre ». du travail des entreprises ». Cette étude annuelle de l’ancien Pôle Emploi, présentée mercredi 24 avril et réalisée avec le concours du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) entre octobre et décembre 2023, est un baromètre annuel de l’évolution très attendue et travail très approfondi. Il couvre 24 secteurs d’activité et 2,4 millions d’établissements, dont 426 000 ont répondu.

Après la très légère baisse du volume des intentions d’embauche des entreprises françaises observée pour 2023, France Travail enregistre donc 257 000 projets de recrutement de moins que l’année précédente. Cela commence à représenter un volume important de non-embauches qui fait craindre, sur fond de croissance atone et d’entreprises en difficulté (Casino, Duralex), le début d’une série négative. D’autant que ces données font écho aux chiffres de l’Urssaf qui, le même jour, font état d’une autre baisse, celle des embauches de plus d’un mois réalisées au premier trimestre. Un recul dès le début de l’année causé principalement par une baisse de l’emploi stable (CDI) dans les grandes entreprises et dans les secteurs de l’industrie et du bâtiment.

Pour aller un peu plus loin dans le sens d’un marché du travail qui commence à se dégrader, l’enquête Labour Needs prévoit une forte baisse des contrats à durée indéterminée sur l’ensemble de l’année (38,2% des intentions d’embauche contre 54,3% en 2023 et 45,2% en 2019). 61% des projets de recrutement porteraient sur des emplois de longue durée (CDI et CDD de six mois ou plus) au lieu de 72% en 2023 et la part des employeurs recruteurs est réduite à 28% contre 31%. Deux tiers des CDI prévus visent à remplacer des salariés partis définitivement ou à répondre aux besoins d’une nouvelle activité. France Travail explique la réduction des emplois stables envisagée par un moindre volume de nouvelles activités. En 2024, le principal motif de recrutement est une activité complémentaire ponctuelle.

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«Retraite générale»

« La baisse générale touche toutes les tailles d’entreprises », précise Stéphane Ducatez, directeur général adjoint en charge du réseau France Travail. La baisse du nombre de projets varie de 6,7% à 9,6% dans les établissements de moins de 200 salariés selon leurs effectifs et dépasse 10% dans les plus grandes entreprises. Hormis les activités financières et d’assurance qui sont les seules à augmenter leur volume d’embauche de 6,4%, presque tous les secteurs prévoient d’embaucher moins. La baisse la plus marquée a été enregistrée dans la construction (–18,1%) et le commerce (–12,7%).

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