François Fillon définitivement reconnu coupable dans l’affaire des emplois fictifs ; un nouveau procès déterminera sa peine

L'ancien Premier ministre François Fillon, en février 2020 à Paris lors du procès en première instance pour emplois fictifs.

Il y aura donc un troisième procès Fillon. La Cour de cassation a définitivement confirmé, mercredi 24 avril, la culpabilité de François Fillon dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse, mais la Haute Cour a ordonné un nouveau procès concernant les peines prononcées contre lui et les dommages et intérêts. La Haute Cour était appelée à se prononcer sur le respect des règles de droit et non sur le fond des affaires.

Si elle confirme » l’arrêt de la Cour d’appel en ce qu’il reconnaît la culpabilité d’un député, de son épouse et de son adjoint, notamment pour détournement de deniers publics et complicité. En revanche, il annule la décision de la cour d’appel relative aux peines infligées au député et aux dommages et intérêts à payer.a déclaré la Cour dans un communiqué de presse.

L’ancien premier ministre, 70 ans, a été condamné en appel le 9 mai 2022 à quatre ans d’emprisonnement, dont un an, 375 000 euros d’amende et 10 ans d’inéligibilité. La condamnation de Pénélope Fillon (deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende) et celle de Marc Joulaud (trois ans de prison avec sursis) ont été confirmées par la Cour de cassation.

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Cette décision concernant l’ouverture ou non d’un troisième procès était très attendue sept ans après l’explosion en 2017 du « Penelopegate ». » en pleine campagne présidentielle, dans laquelle M. Fillon était le candidat de la droite et du centre.

Lors de l’audience devant la Cour de cassation du 28 février, les avocats des époux Fillon et Marc Joulaud ont développé une série d’arguments pour que la Cour ordonne un nouveau procès, fondés notamment sur sur une décision du Conseil Constitutionnel du 28 septembre 2023 qui, Saisi dans le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité par M. Fillon, a abrogé une disposition du code de procédure pénale, ouvrant la voie à un éventuel troisième procès.

M.e François-Henri Briard a soutenu que pour en tirer les conséquences, une cour d’appel devait réexaminer la demande d’annulation de la procédure jugée « biaisé » par la défense et donc réexaminer complètement le dossier. L’avocat général a au contraire estimé que la cour d’appel avait déjà suffisamment justifié son rejet de cette demande en annulation et avait même anticipé la décision du Conseil constitutionnel.

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M.e Patrice Spinosi a émis d’autres critiques, notamment concernant les dommages et intérêts, la motivation de la peine de prison infligée à François Fillon et son aménagement. Sur ce dernier point, l’avocat général a reconnu que la formulation de la Cour d’appel était « très confus » et proposé à la Cour de cassation de réécrire le passage incriminé, sans ordonner un nouveau procès.

Le Monde avec l’AFP

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