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Il est temps pour l’UE de protéger tous les réfugiés

Les chars de Vladimir Poutine tirent sur des enfants. Un grand nombre de personnes sont en déplacement.

Filip, un partisan de WeMove Europe en Pologne, qui a accueilli des réfugiés ukrainiens chez lui, a écrit pour dire que l’effort de secours actuel est en grande partie une initiative des gens.

  • Mardi soir, des volontaires polonais s’occupent d’un centre de crise et d’accueil pour réfugiés ukrainiens à Rzeszów (Photo : Andrew Rettman)

Il se sent abandonné par son gouvernement et l’UE. Et bien qu’il y ait de l’aide, la disproportion du fardeau est énorme.

Cette semaine, deux millions de personnes avaient fui l’Ukraine. Quelque 1,2 million sont arrivés en Pologne, 190 000 en Hongrie, 140 000 en Slovaquie, 80 000 en Moldavie, 80 000 en Roumanie et 210 000 dans d’autres pays de l’UE. Environ 80 000 personnes entrent chaque jour en Pologne, selon le HCR.

C’est la population de ma ville natale Galway, chaque jour.

Les volontaires et les organisations de la société civile travaillent sous pression constante pour aider les réfugiés à se réinstaller.

En bas de la rue à Berlin, 6 000 personnes sont arrivées à Hauptbahnhof en une journée, jeudi dernier (3 mars). Eux aussi sont majoritairement soutenus par des bénévoles.

Mais ce sont les États membres européens qui doivent assumer la responsabilité de cette crise. Et ils peuvent commencer par mettre en œuvre la directive sur la protection temporaire — pour tout le monde.

La semaine dernière, 92 000 Européens ont signé la pétition WeMove Europe réclamant cette démarche légale, afin que des millions de personnes en déplacement aient l’espoir d’un visa temporaire, quelle que soit la couleur de leur peau ou de leur passeport.

Jeudi, c’était là : une directive conçue pour, mais en sommeil depuis, les guerres yougoslaves serait invoquée pour la première fois. Elle est décrite comme révolutionnaire, et elle pourrait l’être, mais seulement si elle s’applique à tous.

C’est là que réside le piège. La directive ne s’applique pas à tout le monde.

Samedi dernier, Andreea, militante et sympathisante de WeMove Europe en Roumanie, nous a raconté les histoires déchirantes qui l’entourent, dont celle d’une étudiante syrienne qui fuit maintenant une seconde guerre. Il n’est pas éligible à la protection en vertu de la directive. Il en va de même pour les travailleurs temporaires ou les personnes sans statut permanent en Ukraine.

Ce sont ces mêmes personnes qui pourraient vraiment bénéficier d’un soutien et d’une protection.

En Pologne, les points d’information assistent uniquement les détenteurs de passeports ukrainiens. Le transport n’est fourni qu’aux Ukrainiens pour se rendre de la frontière aux points d’enregistrement. Le transport urbain est offert aux Ukrainiens. Tous les autres sont condamnés à une amende pour avoir utilisé les transports publics sans billet, selon le Forum polonais sur la migration.

Si les sociétés les plus éclairées sont celles qui s’occupent en priorité des plus vulnérables, l’Europe ne s’annonce pas si chaude en ce moment.

Tout cela ne dit rien des gens qui gèlent déjà à la frontière de la Biélorussie et de la Pologne.

Il y a encore si peu d’informations disponibles sur leur situation. Ce que l’on sait, c’est que depuis début février, des ONG polonaises ont reçu des appels téléphoniques d’urgence demandant de l’aide pour 245 personnes, dont 16 enfants.

Pour citer mon collègue polonais, « à l’automne, un groupe d’enfants a été laissé mourir à la frontière parce que leur entrée violerait le principe de la souveraineté polonaise. Un mur les empêcherait d’entrer. Au printemps, un autre groupe était le bienvenu et ne serait jamais laissé seul. »

Pendant ce temps, à la frontière gréco-turque, 12 migrants ont été retrouvés morts de froid en février, prétendument repoussés au-delà de la frontière par des gardes grecs. Ce ne serait pas une première pour la Grèce.

Il est temps pour quelque chose de différent. La première étape consiste à mettre en œuvre la directive sur la protection temporaire pour tous, puis à examiner de près le système européen de répartition de la charge de protection, qui doit fonctionner pour tous.

Quelques États membres ont pris des mesures.

La Belgique a publié ses étapes nationales de mise en œuvre, informant les résidents et les citoyens ukrainiens de la manière dont ils peuvent s’inscrire et obtenir des papiers. La Pologne a également adopté une loi spéciale pour fournir une résidence et des ressources à certaines personnes, mais pas aux ressortissants de pays tiers.

Mais qu’en est-il du reste de l’UE ? Chaque pays de l’UE a la responsabilité de protéger ceux qui fuient un dictateur que l’Europe a financé pendant des années avec des paiements pour son pétrole et son gaz. Chaque pays de l’UE a la responsabilité de protéger les personnes en déplacement, que la raison de leur déplacement soit un dictateur, une inondation ou la misère.

Déjà tant de choses changent, y compris de grands changements de cœur. Les gouvernements prennent des décisions qui semblaient radicales il y a deux semaines.

Il y a maintenant de la place pour reconsidérer ce qui a alimenté nos crises – et pour répondre plus efficacement aux effets de ces crises.

Allez Europe, on a ça.


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