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Intervention militaire en Haïti |  Une « solution de dernier recours », selon le député Emmanuel Dubourg

(Ottawa) Une intervention militaire en Haïti doit être une solution de dernier recours en ce moment car elle pourrait se transformer en bain de sang en raison de la forte présence de gangs de rue armés jusqu’aux dents, estime le député libéral d’origine haïtienne Emmanuel Dubourg,


M. Dubourg, qui joue un rôle important mais discret dans la réponse du gouvernement Trudeau à la crise en Haïti, affirme que le Canada joue la bonne carte, celle de la prudence, en imposant d’abord des sanctions sévères à la place de certains membres de l’élite politique du pays. qui profitent des activités criminelles des gangs.

Intervention militaire en Haïti |  Une « solution de dernier recours », selon le député Emmanuel Dubourg

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Emmanuel Dubourg, député libéral fédéral de Bourassa

Confronté à une aggravation de la crise humanitaire, le Premier ministre haïtien Ariel Henry a appelé début octobre à l’intervention des forces armées étrangères pour rétablir l’ordre dans son pays et combattre les gangs qui bloquent l’accès au carburant et aux fournitures essentielles alors qu’une épidémie de choléra fait rage.

Au cours des dernières semaines, le Canada a subi des pressions de la part des États-Unis pour diriger une force d’intervention. Jusqu’à présent, le gouvernement Trudeau a écarté cette option au motif qu’une telle intervention doit faire l’objet d’un large consensus dans ce pays des Caraïbes.

« La situation en Haïti est catastrophique. Nous traversons plusieurs crises en même temps – une crise sécuritaire, une crise humanitaire, une crise économique et une crise politique. Tout cela en même temps rend la situation en Haïti explosive », affirme M. Dubourg, le seul député d’origine haïtienne à la Chambre des communes.

Nous devons faire face à cette tempête parfaite. Mais l’État haïtien n’est pas en mesure de faire face à toutes ces crises en même temps.

Emmanuel Dubourg, député libéral fédéral de Bourassa

Mais étant donné que les gangs de la capitale Port-au-Prince sont « lourdement armés » et en nombre croissant, une intervention militaire serait malavisée en ce moment. « Dans les gangs, il y a aussi des mineurs. Nous ne pouvons pas entrer et dire que nous allons nettoyer. Il faut une stratégie. Le danger est que cela se transforme en bain de sang. »

M. Dubourg a également souligné que les Haïtiens sont « très divisés » sur cette question délicate, que ce soit en Haïti ou au sein de la diaspora à Montréal.

« Il y a déjà eu de nombreuses autres interventions en Haïti et rien n’en est sorti. Dès que les militaires quittent le pays, ça recommence deux ou trois ans plus tard. »

De nouvelles sanctions

Ce week-end, M. Trudeau a profité du Sommet de la Francophonie en Tunisie pour annoncer de nouvelles sanctions économiques contre trois grandes personnalités haïtiennes : l’ancien président Michel Martelly et les anciens premiers ministres Laurent Lamothe et Jean-Henry Céant.

Intervention militaire en Haïti |  Une « solution de dernier recours », selon le député Emmanuel Dubourg

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES DE LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre haïtien des Affaires étrangères Jean Victor Geneus et le premier ministre Justin Trudeau lors d’une discussion sur la situation en Haïti, en marge du Sommet de la Francophonie, à Djerba, en Tunisie

Selon le Canada, ce trio a aidé des gangs criminels à saper l’actuel gouvernement haïtien. Le gouvernement Trudeau exhorte ses partenaires internationaux à emboîter le pas.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a également annoncé des sanctions contre un sénateur haïtien, Rony Célestin, propriétaire d’une villa à Laval achetée 4,25 millions de dollars l’an dernier. Ottawa pense que le riche politicien soutient également illégalement des gangs.

D’autres membres de la classe politique ont également été frappés par des sanctions, à savoir le président du Sénat, Joseph Lambert, et l’ancien sénateur Youri Latortue.

Selon Emmanuel Dubourg, ces sanctions visent à s’attaquer au sommet de la pyramide du crime en Haïti.

Ces sanctions, qui visent l’élite politique, ont eu une onde de choc en Haïti. En attaquant le sommet de la pyramide, les gangs auront plus de mal à obtenir des financements, auront plus de mal à se procurer des armes etc.

Emmanuel Dubourg, député libéral fédéral de Bourassa

Le député libéral de Bourassa a déclaré que les interventions militaires dans le passé ont permis de rétablir l’ordre pendant un certain temps, mais que la situation s’est de nouveau détériorée après le départ des militaires en raison de la fragilité des institutions en Haïti. . « Le Canada ne peut pas tout faire. Les Haïtiens doivent travailler ensemble. La société civile doit participer, les institutions et les politiques doivent contribuer à tout cela. Sinon, ce ne sera pas possible. »

Il a donné l’exemple à la Police Nationale d’Haïti. Le Canada a contribué à la formation des policiers. Mais certains d’entre eux ont quitté ses rangs pour rejoindre des gangs criminels, faute de salaires suffisants.

En fin de semaine, le Premier ministre a également annoncé une aide supplémentaire de 16,5 millions pour stabiliser Haïti, dont la moitié (8 millions) doit être utilisée pour répondre aux besoins des populations affectées par la crise et 5 millions pour aider les Haïtiens. les autorités. enquêter, poursuivre et juger les affaires de corruption et de criminalité économique, de blanchiment d’argent et d’infractions connexes.

Le choléra et la malnutrition frappent les enfants, prévient l’ONU

Une épidémie de choléra qui déferle sur Haïti fait de plus en plus de victimes parmi les enfants, à un moment où la malnutrition continue également de croître, a averti mercredi l’UNICEF. Cette combinaison mortelle signifie qu’environ 40 % des cas de choléra dans ce pays pauvre de plus de 11 millions d’habitants touchent désormais les enfants. Environ 90% des cas sont signalés dans des zones où les gens ont faim, a déclaré l’agence des Nations Unies pour l’enfance. L’UNICEF et le gouvernement haïtien demandent 28 millions de dollars pour nourrir, hydrater et soigner quelque 1,4 million de personnes touchées par la crise. Ce nombre devrait augmenter à mesure que la malnutrition augmente, en particulier dans des zones telles que le bidonville de Cité-Soleil à Port-au-Prince.

Presse associée


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