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Inventeurs trichés |  Demande de recours collectif contre l’Office de la protection du consommateur

Des inventeurs québécois escroqués de plus d’un million de dollars par un « charlatan » ont fait les frais du « laxisme » et de « l’inaction » de l’Office de la protection du consommateur (OPC), fustige un inventeur dans une demande d’action collective. Elle réclame ainsi des milliers de dollars pour chaque inventeur floué.

Publié à 16h58

Inventeurs trichés |  Demande de recours collectif contre l’Office de la protection du consommateur

Louis-Samuel Perron
La presse

Un « imposteur » et un « charlatan du XXIet siècle ». C’est ainsi que le juge Alexandre Dalmau a qualifié le président de la Fédération des inventeurs du Québec (FDIQ), Christian Varin, en le condamnant pour fraude en janvier 2022. Pendant des années, le fraudeur a utilisé sa fausse fédération pour faire croire à ses victimes qu’il allait breveter leurs créations mais il n’a jamais obtenu un seul brevet pour les 500 inventeurs Christian Varin attend toujours le prononcé de sa peine.

Plusieurs personnes avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme auprès de l’OPC, soutient l’inventrice Nancy Vigneault, dans une demande d’autorisation d’action collective déposée la semaine dernière au palais de justice de Montréal. Un ancien policier avait même mené une enquête extrêmement documentée sur les pratiques de Christian Varin et avait alerté le président de l’OPC.

Or, même si l’OPC avait été « informé à plusieurs reprises du comportement malhonnête » de la Fédération des inventeurs, l’organisme public n’a rien fait pour protéger le public, est-il argumenté dans la requête. La « Fédération » de Christian Varin était alors titulaire d’une licence de vendeur ambulant de l’OPC.

« L’inaction de [l’OPC] permis à la FDIQ de faire de fausses représentations concernant les services qu’elle offre et ainsi d’attirer un grand nombre de clients, et ce, depuis plusieurs années, alors que cette conduite frauduleuse avait été dénoncée à plusieurs reprises au défendeur », allègue la demande du cabinet Langlois- Cordeau.

L’OPC est aussi critiqué pour avoir « minimisé » le nombre de plaintes reçues, ainsi que « l’importance » de celles-ci. La plaignante ajoute que le site de l’OPC ne mentionnait que quatre plaintes de consommateurs contre Christian Varin en 2018, alors qu’une cinquantaine avaient été déposées, dont une vingtaine pour « pratiques déloyales et trompeuses ».

Inventeurs trichés |  Demande de recours collectif contre l’Office de la protection du consommateur

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Christian Varin (à gauche), accompagné de son avocat Met Normand Haché (à droite), en novembre 2020. Met Haché avait essayé d’empêcher La presse pour photographier son client au palais de justice de Montréal.

L’inventrice Nancy Vigneault a témoigné que ses vérifications auprès de l’OPC n’ont pas révélé de « problèmes importants de probité » à la Fédération.  » Mais si [l’OPC] avait rempli sa mission, la FDIQ aurait été annoncée comme une entreprise hautement litigieuse. […] La FPIQ travaillait avec un permis délivré par [l’OPC] et son dossier public était cohérent, voire presque sans tache », déplore-t-elle.

Dans le cadre du recours collectif, M.moi Vigneault réclame ainsi 2 500 $ en dommages pour toutes les personnes qui ont donné mandat à la FDIQ depuis le 1euh mai 2015 et qui n’ont pas obtenu les services demandés et payés ou obtenu des services déficients ou incomplets.

L’OPC a refusé de commenter cette demande. « Le dossier est actuellement examiné par l’Office et nous l’analyserons et prendrons les mesures nécessaires à l’issue de cette évaluation », a déclaré le porte-parole Charles Tanguay.


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