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« J’avais l’impression d’entrer dans l’infiniment petit »

Diplômé en design industriel, c’est pourtant vers le design décoratif qu’Alexandre Benjamin Navet s’est tourné pour s’exprimer. Il utilise le crayon, le pastel ou l’aquarelle sur des supports aussi variés que les vases, les façades d’immeubles ou les tableaux… Et saisit l’opportunité de chaque évasion à l’étranger pour s’imprégner d’une culture et puiser dans un vocabulaire de formes, de couleurs ou d’inspirations moins littérales. « J’ai un rapport très sensoriel à mes voyages. Il en reste encore de vagues souvenirs. rapporte le créateur.

Au Japon, il part à la découverte des arts décoratifs, « qui ont tant de liens avec les nôtres », et plus prosaïquement découvre les pigments japonais si particuliers à base de liant de poisson, cahiers, gouaches, pinceaux et autres instruments qu’il ramènera en quantité.

Son premier voyage le conduit à Hokkaido, à l’extrême nord du pays, pays des ours bruns et des cascades glacées. Au retour, il n’a qu’une envie : repartir à la découverte de la face B de l’Archipel. Il vise plein sud lors de son deuxième séjour, en 2016. Ce sera Yakushima, une île du nord au climat tropical classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le vert le plus pur

« Quel voyage pour arriver ici ! Le voyage était une aventure en soi, avec un avion qui devait survoler un volcan actif et était donc régulièrement annulé, puis un ferry depuis Kagoshima pour rejoindre l’île. J’ai vraiment eu l’impression d’arriver au bout du bout du monde. » De cette île à la nature très dense et aux cèdres millénaires, à laquelle on accède par des ponts suspendus et qui a servi d’inspiration pour les décors de Princesse Mononoke, il ne sait presque rien avant de partir. « Je déteste gâcher la découverte, j’aime le sentiment de surprise. Ça libère quelque chose en moi et me fait appréhender le monde d’un œil neuf… C’est un élément essentiel du voyage. »

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Sur cette terre bordée de forêt dense, il passe des heures à marcher, s’enfonçant plus profondément. « Au bout d’un moment, on n’entend plus rien, la mousse absorbe les sons, comme si on était au fond de l’océan. Je me sentais comme l’un des enfants dans le film Chérie, j’ai réduit les enfants et d’aller dans l’infiniment petit. Je ne pouvais même plus voir le ciel. »

Il expérimente le vert dans sa forme la plus pure et se demande alors si l’on peut pratiquer une couleur à un tel niveau d’intensité. A son retour de promenade, il se lance dans des expérimentations avec des tons très naturels, comme les bruns, les verts et commence à faire des dessins en lien avec la nature.

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Lemonde Arts

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