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Jo-Wilfried Tsonga, le plus brillant des Quatre Mousquetaires tire sa révérence


A presque 37 ans, Jo-Wilfried Tsonga a pris sa retraite après le tournoi de Roland-Garros 2022 mardi. L’ancien n°5 mondial prend sa retraite avec l’un des plus beaux palmarès du tennis français. De la génération des Quatre Mousquetaires, au milieu de Richard Gasquet, Gaël Monfils et Gilles Simon, Manceau était le fleuron. A l’ère Open, il est aussi l’un des meilleurs Français.

Il est temps de ranger la raquette. Jo-Wilfried Tsonga l’a annoncé le 6 avril : le 121et édition du tournoi de Roland-Garros, du 22 mai au 5 juin, serait sa dernière apparition sur les courts. A l’issue de cette rencontre, et après quatre années entachées de blessures, le Français, tombé à 220et rang mondial au classement ATP, a fini par raccrocher après son élimination au premier tour, mardi 24 mai, par le n°8 mondial Casper Ruud (6-7, 7-6, 6-2, 7-6).

« Ma tête me dit ‘tu peux jouer toute ta vie’, mais le corps me rappelle que mes capacités à me dépasser ne sont plus là. Mon corps me dit ‘tu n’es plus capable d’aller plus loin que ce que je te donne’. Avant, c’est ce que je faisais tous les jours », expliquait il y a quelques semaines le tennisman, qui fêtait ses 37 anset Anniversaire du 17 avril.

Depuis quatre ans, Jo-Wilfried Tsonga n’est plus que l’ombre du joueur qu’il était avant une cascade de blessures : fissure du ménisque, déchirure du mollet, déchirure abdominale, mal de dos, diagnostic de drépanocytose… De 2018 à aujourd’hui , il n’a jamais fait mieux qu’un troisième tour du Grand Chelem et a raté huit fois. En Masters 1000, la plus haute catégorie de tournoi derrière les Grands Chelems, ses résultats étaient encore plus mauvais et ses absences encore plus nombreuses. Une fin de carrière pas vraiment à l’image de ce qu’a réalisé le meilleur joueur français de ces 20 dernières années.

2008 : l’explosion de Tsonga et la naissance des Quatre Mousquetaires

Jo-Wilfried Tsonga a été l’un des meilleurs juniors du monde avant de connaître des débuts compliqués sur le circuit professionnel, en raison d’une double hernie discale à 19 ans qui a failli lui coûter sa carrière. L’année 2007 est la première où il peut s’exprimer sans retenue et démontrer que les espoirs placés en lui sont justifiés. Ses résultats et progrès, depuis la 212et lieu en janvier au 43et place, lui permettre d’être élu Révélation de l’année.

Début 2008, le Français a secoué la planète tennis en se hissant, envers et contre tout, en finale de l’Open d’Australie, battant notamment Andy Murray au premier tour et surtout écrasant Rafael Nadal en demi-finale. Malgré une belle opposition, « Jo » a perdu en finale face à un jeune prodige en devenir : Novak Djokovic. Il ne succède pas à Yannick Noah, le dernier Français à avoir conquis un tournoi du Grand Chelem avec Roland-Garros en 2003. Mais il apparaît, à 22 ans, comme la nouvelle figure de proue du tennis français.

Cette même année, Jo-Wilfried Tsonga frappe un nouveau coup en remportant le Masters 1000 de Paris-Bercy en novembre face à David Nalbandian, dix ans après la dernière victoire française dans un tournoi de cette ampleur (Sébastien Grosjean, à Paris-Bercy également).

Dans la presse, une nouvelle expression enthousiaste voit le jour : les Quatre Mousquetaires, ou les Nouveaux Mousquetaires. Après Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste qui ont régné dans les années 1920 et 1930, le tennis français compte quatre nouveaux joueurs promis à un bel avenir : Richard Gasquet (22 ans), Gaël Monfils (22 ans), Gilles Simon ( 24 ans) et donc Jo-Wilfried Tsonga (23 ans).

Jo-Wilfried Tsonga après sa victoire au Masters 1000 de Paris-Bercy face à David Nalbandian, le 2 novembre 2008. © Lionel Cironneau, PA

Seuls les tournois du Grand Chelem l’ont refusé

Les promesses de cette génération de Mousquetaires ne seront pas tenues, ou seulement partiellement. Le Big Four, surnom donné au quatuor infernal Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray, a écrasé le tableau masculin pendant des années, ne laissant que des miettes à la compétition. Les quatre Français n’ont jamais couru avec eux. Contrairement à Stan Wawrinka, Juan Martin Del Potro et Marin Cilic, Jo-Wilfried Tsonga n’a jamais pu profiter des rares occasions d’ajouter un Grand Chelem à son palmarès. Malgré tout, c’est lui qui a le mieux tiré son épingle du jeu chez les Mousquetaires.

Il sera resté N°1 français pendant 308 semaines, se classant derrière Yannick Noah et ses 358 semaines, et il a atteint 5et classement mondial à son meilleur en 2012, où Monfils et Simon ne sont montés qu’à la 6et rang et Gasquet qu’au 7et rang. La comparaison est aussi à son avantage, et de loin, au niveau du palmarès : Jo-Wilfried Tsonga a remporté 18 titres, dont 2 Masters 1000 (Paris-Bercy en 2008 et Canada en 2014). Dans l’histoire, seul Yannick Noah a fait mieux avec 23 titres, dont un Grand Chelem. Richard Gasquet a remporté 15 titres, Gilles Simon 14 et Gaël Monfils 11. Aucun n’a été sacré en Masters 1000.

Jo-Wilfried Tsonga a également obtenu les meilleurs résultats en Grand Chelem : outre sa finale perdue en 2008, il a atteint les demi-finales en Australie en 2010, puis a atteint deux fois les demi-finales à Wimbledon (2011 et 2012) et deux fois le demi-finales à Roland-Garros (2013 et 2015). Il est le seul Français à être invité aux quarts de finale de chaque tournoi du Grand Chelem.

« J’ai presque tout gagné, sauf le Grand Chelem. Mais cette quête aura été la voie et le moyen de me dépasser pour vivre des choses incroyables. Évidemment, j’aurais été fier de brandir le trophée devant les Français. , devant la famille. , devant le monde entier. Je me dis que l’histoire est comme ça », confie à L’Équipe celui qui a aussi disputé une finale des Masters en 2011.

Il laissera sa trace dans le tennis français

Face au Big Four, c’est encore Tsonga qui s’est imposé le meilleur parmi les joueurs de tennis français. Avec 18 victoires en 53 matchs, un taux de victoire de près de 34% (6 contre Federer, 6 contre Djokovic, 4 contre Nadal et 1 contre Murray), il n’a pas à rougir. A eux deux, Gasquet-Monfils-Simon n’en a glané que 21 en 145 matches, soit 14% de victoires (8 pour Monfils, 7 pour Gasquet, 6 pour Simon).

Jo-Wilfried Tsonga a également connu les sommets sous la bannière tricolore. En 2012, il devient vice-champion olympique en double avec Michael Llodra. Et en 2017, il fait partie de l’équipe entraînée par Yannick Noah qui remporte la Coupe Davis face à la Belgique, après 16 ans de disette pour le clan français. A deux mois de mettre fin à sa vie de joueur de tennis, « Jo » fait le bilan de tout ce qu’il a accompli.

« Je suis assez fier de pouvoir dire que je compte dans le tennis français, (…) le sentiment d’avoir marqué, d’une certaine manière, ma génération dans le sens où je faisais partie de ces joueurs qui étaient pourtant des humains, », a-t-il déclaré à L’Équipe. Il ajoute : « Une des choses dont je suis le plus fier, c’est que depuis quinze ou vingt ans, j’ai été aimé du public sans déviation de comportement. Pour moi, c’est le fondement même de ce que mes parents ont voulu laisser. moi. »

Sur Twitter, l’Association des professionnels du tennis (ATP) tire son chapeau à Jo-Wilfried Tsonga : « Quel parcours ! Merci pour tout, Jo ! » La Fédération française de tennis, elle, « donne rendez-vous à Roland-Garros pour vibrer une dernière fois tous ensemble ». Et Gilles Simon, lui, a répondu à l’annonce de la retraite prochaine de son coéquipier par deux mots sibyllins : « J’arrive copain. » Une manière d’annoncer que, pour lui aussi, la retraite approche. L’ère des Mousquetaires touche à sa fin.

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