la France est-elle passée de la première à la 18ème place mondiale ?

Alors qu’une partie de l’A13 est fermée à la circulation, le président de l’Essonne et député à l’Assemblée des Départements, François Durovray, assure que la France est passée « en quelques années » de la première à la 18e place au classement mondial sur l’état des routes.

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Fissures sur l'autoroute A13 fermée à Saint-Cloud, à l'ouest de Paris, le 19 avril 2024. (MIGUEL MEDINA / AFP)

C’est une fissure de 50 à 80 cm de profondeur, qui traverse l’A13. L’autoroute d’Île-de-France est fermée à la circulation depuis vendredi et au moins jusqu’au lundi 22 avril inclus, entre Paris et Vaucresson (Hauts-de-Seine). Avec des fissures, des nids-de-poule ou des routes déformées, les routes françaises continuent de se dégrader, selon François Durovray, président du conseil départemental de l’Essonne et président de la commission mobilisée à l’Assemblée des départements de France. « La France a un réseau routier remarquable d’un million de kilomètres qui était reconnu pour sa qualité, nous étions à la première place, mais en quelques années nous sommes tombés à la 18ème place », a-t-il déclaré sur RMC. Vrai ou faux ?

Près de 20 % des routes nationales et 10 % des routes départementales en « mauvais état »

C’est vrai. Tels sont les résultats d’un classement réalisé par le Forum économique mondial, connu pour organiser les rencontres de Davos. En 2012, la France était toujours numéro 1 en termes de « la qualité des infrastructures routières », avant de rétrograder progressivement. En 2019, elle s’est classée 18e. Loin derrière Singapour, les Pays-Bas et la Suisse, qui composent le podium. Pour parvenir à ce classement, chaque pays est noté en fonction de la qualité de ses routes. Cette note est attribuée par le Forum économique mondial sur la base des observations que font eux-mêmes les habitants. Cela reste donc relativement subjectif.

Une dégradation de la qualité des routes en France est constatée depuis les années 2010. Selon le dernier rapport de l’Observatoire National des Routes, en 2023, 18,8% des routes nationales et environ 10% des routes départementales et communales sont actuellement considérées comme « mauvaise condition » En France. La qualité varie pas mal selon les départements. Dans l’ensemble, les autoroutes sont en meilleur état que le reste du réseau.

« Sous-investissement » dans le réseau routier

Comment expliquer une telle dégradation ? Il y en avait un « sous-investissement » entre 2007 et 2017, comme le relève un audit réalisé en 2018 et publié par le ministère de la Transition écologique et solidaire. En dix ans, la France a investi environ 50 000 euros par kilomètre et par an dans son réseau routier, contre par exemple 80 000 euros au Royaume-Uni. Les montants « insuffisant pour enrayer la dégradation de l’ensemble du réseau », insistent les auteurs de l’audit. Dans un rapport publié en 2022, la Cour des comptes pointe également du doigt un « suivi insuffisant ». Les effectifs du réseau scientifique et technique de l’État ont été réduits de moitié.

Les départements, qui assurent une grande partie des travaux, dénoncent un manque de moyens de la part de l’Etat. D’autant que, dans le même temps, le coût des travaux a également augmenté, notamment le prix du bitume, produit à partir du pétrole.

La qualité des routes s’est stabilisée ces dernières années

Cela dit, depuis 2018, les collectivités locales ont recommencé à investir dans les routes. Les investissements ont recommencé à augmenter, comme le constate la Cour des comptes.« L’état des routes a cessé de se détériorer ces dernières années, la qualité est stable sur des milliers de kilomètres et le nombre de routes en mauvais état diminue », explique à franceinfo Pierre Dumas, responsable de l’Observatoire national de la route. La plupart des investissements concernent des travaux de maintenance. Les communautés savent qu’un entretien régulier coûte moins cher que d’attendre une rénovation complète de la chaussée.