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La France retire le prêt de quinze œuvres au musée du Kremlin

Pas d’exception culturelle : la France retire les oeuvres prêtées au musée du Kremlin pour l’exposition Le duel. De l’épreuve par le combat au crime noble, qui devait se tenir du 3 mars au 16 juin. Le musée russe, qui, plutôt que d’annoncer l’annulation, avait décidé de reporter l’ouverture de l’exposition, avait proposé aux prêteurs de maintenir leurs prêts ou d’y renoncer.

Le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Autriche ont alors signifié leur retrait. La France, qui est en l’occurrence le premier pays contributeur, s’aligne sur cette décision, au lendemain de la réunion informelle des ministres européens chargés de la culture, de la communication et des médias, les 7 et 8 mars à Angers. « Notre présence aurait pu être exploitée comme le signe d’une divergence entre les pays européens. Il n’était pas question de se dissocier, confie l’entourage de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. Selon Rue de Valois, les échanges avec le musée du Kremlin sont restés cordiaux, « sans aucune forme d’hostilité manifeste ».

Le musée du Kremlin a fait ses premières demandes de prêt début 2020. Reportées suite à la pandémie de Covid-19, celles-ci ont été validées par la France en juin 2021. Le 20 février donc, une quinzaine d’œuvres issues des collections de trois musées français ont pris le chemin de Moscou. . Le Louvre a envoyé six pièces, dont un tableau de l’atelier de Jean Clouet représentant François Ieuh, ainsi qu’une paire de pistolets aux armes de France signée François Thomerot. Le Kremlin avait emprunté trois tableaux à Versailles, dont deux d’après Philippe de Champaigne, représentant chacun le cardinal de Richelieu et le cardinal Mazarin. Quant à la Bibliothèque nationale de France, elle a envoyé sept ouvrages Renaissance sur papier, dont quatre dessins de François Quesnel.

Refroidissement des relations

Ces œuvres seront bientôt retirées des murs du Musée du Kremlin pour être placées en lieu sûr, probablement à l’Ambassade de France à Moscou. Le retour fait l’objet d’une réflexion particulière, car il est actuellement impossible d’envoyer des courriers français à Moscou. Néanmoins, le transport terrestre reste possible, sous réserve d’un plan de marche légèrement modifié.

Axel Haddad, transporteur Grospiron : « Les œuvres peuvent entrer ou sortir de Russie car, s’il y a des sanctions, il n’y a pas d’embargo »

Jusqu’à présent, les convois de la Russie vers la France transitaient par la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne. « Il faudra probablement passer par les pays baltes, ce qui rallonge le chemin, et l’addition probablement de 20% », évalue Axel Haddad, directeur de la branche art du transporteur Grospiron. Mais, selon le spécialiste, « Les œuvres peuvent entrer ou sortir de Russie car, s’il y a des sanctions, il n’y a pas d’embargo ».

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