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La Grande-Bretagne doit tenir bon sur le protocole d’Irlande du Nord

Après des semaines de spéculation, le ministre des Affaires étrangères a confirmé aujourd’hui au Parlement que le gouvernement présenterait une nouvelle loi pour suspendre unilatéralement certaines parties du protocole d’Irlande du Nord. Liz Truss a souligné qu’il s’agissait d’être pragmatique face à des problèmes pratiques. La préférence est restée une solution négociée avec l’UE – et le plan n’était certainement pas de supprimer le protocole dans son intégralité. Mais l’accord du Vendredi saint est sapé et, en l’absence de tout mouvement de Bruxelles, une législation était nécessaire pour amener des dispositions révisées.

Certains tentent de prétendre que le gouvernement se retire cyniquement d’un accord que les deux parties ont conclu de bonne foi. Mais le protocole a été convenu à un moment où les députés restants au Parlement faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour saper la position du Royaume-Uni, notamment en supprimant la possibilité de s’en aller avec un Brexit sans accord. L’enchaînement des pourparlers, ainsi que le refus de l’UE d’envisager des solutions plus innovantes au problème de la frontière irlandaise, avaient lié les mains du gouvernement.

De plus, les ministres ne veulent pas abandonner le protocole dans son intégralité et semblent avoir convaincu certains détracteurs de l’accord qu’il est préférable de rechercher des changements. Personne ne peut prétendre de manière crédible qu’il fonctionne parfaitement, notamment parce que l’opposition des partis unionistes en Irlande du Nord a entraîné l’effondrement du partage du pouvoir.

A court terme, la question est de savoir si la déclaration de Mme Truss suffira à inciter Bruxelles à modifier les termes du mandat confié à son négociateur, permettant d’avoir des pourparlers plus productifs. Même maintenant, l’UE, avec son engagement fanatique à protéger « l’intégrité » du marché unique, peut être incapable de changer de position idéologiquement déterminée. Les premiers signes ne sont pas prometteurs.

Dans ce cas, les ministres devront décider s’il vaut la peine de risquer des représailles économiques de Bruxelles pour faire avancer sa législation. Pour éviter d’aggraver davantage la crise du coût de la vie, ils devraient être clairs sur ce que cela nécessiterait : des changements radicaux dans la fiscalité et la réglementation pour rendre l’économie plus compétitive. Le pire résultat serait que le gouvernement fasse monter les enchères puis s’abstienne d’agir par peur des conséquences. La Grande-Bretagne a déjà payé le prix pour avoir fait preuve de faiblesse face aux menaces de l’UE.


telegraph Uk

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